Médicaments ( 5 août 2010)
Avandia…
La pharmacovigilance à l’oeuvre
Angoisse
pour certains diabétiques. Au début de l’été, les médias on fait état de
risques cardiovasculaires liés à l’utilisation des médicaments Avandia et
Avandamet. Ces hypoglycémiants sont utilisés dans le traitement de certains
diabète de type2(1). C’est la rosiglitazone, le principe
actif qu’ils contiennent, qui poserait problème. L’Agence européenne du
médicament se penche sur la question et rappelle quelques règles.
La
prescription de la rosiglitazone a été autorisée dans l’Union européenne
voici dix ans, sous la forme du médicament Avandia, commercialisé par la
firme GSK. La
prudence se lisait déjà au travers des recommandations. La substance est à
considérer comme un traitement de deuxième ligne, lorsque les autres
traitements ont échoué ou sont inadaptés au patient. Elle est
contre-indiquée pour les patients atteints d’une insuffisance cardiaque ou
avec des antécédents d’une telle insuffisance. Par la suite, la
rosiglitazone a été autorisée en association avec la metformine sous le nom
d’Avandamet. Depuis lors, l'utilisation de ces médicaments (Avandia,
Avandamet) a été restreinte plusieurs fois par de nouvelles mises en garde
et contre-indications concernant leur utilisation chez les patients
souffrant de problèmes cardiaques.
Aujourd’hui, sur le
terrain, le risque est bien connu des médecins. Ainsi, par exemple, au
niveau de la Mutualité, pour une demande de remboursement du médicament
Avandia ou Avandamet, le médecin doit désormais attester qu’il a évalué
“l’intérêt et la sécurité cardiovasculaire de ce médicament” pour le
patient concerné. Une disposition particulière proposée à la Mutualité
chrétienne, comme une garantie supplémentaire de la vigilance médicale.
Cet été, la publication
d’une étude qui pourrait mettre en doute la sécurité cardiovasculaire de ces
médicaments entraîne un réexamen des autorisations de mise sur le marche. A
la demande de la Commission européenne, l’Agence du médicament réévalue les
bénéfices et les risques de la rosiglitazone. Ses conclusions seront
établies en septembre. Entre-temps, l’Agence rappelle les recommandations
d’usage aux médecins : suivre strictement les conseils figurant dans le
résumé des caractéristiques des médicaments et, avant d’initier ce
traitement, examiner si le patient ne présente pas une situation où la
rosiglitazone devrait être évitée (insuffisance cardiaque, syndrome
coronarien aigu, pathologie cardiaque ischémique ou maladie artérielle
périphérique).
Quant aux patients qui
désirent de l’information, l’Agence leur conseille de prendre contact avec
leur médecin et de consulter la notice. Elle recommande également aux
patients en cours de traitement de ne pas arrêter la prise de leur
médicament sans consulter leur médecin.
// CD
(1) Il existe plusieurs types de diabète. Le diabète de type
2 concerne 85 à 90% des personnes diabétiques. Approximativement 4% d’entre
elles utiliseraient la rosiglitazone pour se soigner.
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