|
Actes techniques
(18 mars 2004)
Détecter les affections respiratoires
En Belgique, bon nombre de personnes sont atteintes de maladies respiratoires. Environ 7% de la population souffre d’asthme et plus de 600.000 Belges vivent avec une broncho-pneumopathie chronique obstructive, une maladie très invalidante qui, selon l’OMS, constitue la 4ème cause de mortalité dans le monde. Or, aujourd’hui, entre 50 et 85% des cas ne sont pas diagnostiqués. Il existe cependant un examen simple de dépistage, la spirométrie…
La spirométrie est un examen qui mesure la fonction et la capacité pulmonaires. Sur base de cette technique, si elle est pratiquée dans les règles, il est possible de dépister très tôt les affections respiratoires. Ainsi, la spirométrie permet de diagnostiquer les maladies pulmonaires obstructives et parmi celles-ci, la
broncho-pneumopathie chronique obstructive ou BPCO, une maladie qui, selon l’OMS, constitue la 4e cause de mortalité dans le monde. Cette affection, dont les symptômes sont, entre autres, la toux et l’essoufflement, est caractérisée par un rétrécissement lent et progressif des voies respiratoires. La bronchite chronique et l’emphysème sont des ‘sous-groupes’ de la BPCO. La bronchite chronique se manifeste par une inflammation chronique et apparaît généralement dans les phases débutantes de la BPCO. L’emphysème, par contre, présente une atteinte progressive des alvéoles pulmonaires et de leurs parois. Conséquences ? Les poumons perdent de leur élasticité et l’air en reste partiellement prisonnier. En cas de BPCO, on peut souffrir simultanément de bronchite chronique et d’emphysème.
La BPCO survient rarement avant 45 ans et est généralement la conséquence d’un tabagisme de longue date. Il s’agit cependant d’une affection sérieuse et très invalidante qui entraîne une obstruction irréversible des voies respiratoires : elle finit souvent par empêcher ceux qui en sont atteints de vaquer à leurs occupations quotidiennes. Pour augmenter les chances de retarder ou d’éviter ce moment, mieux vaut poser rapidement le diagnostic et prendre au plus tôt la décision de traitement.
La spirométrie permet aussi de diagnostiquer une autre maladie pulmonaire obstructive,
l’asthme. Les patients atteints de cette maladie inflammatoire chronique souffrent périodiquement de rétrécissement des voies respiratoires qui engendre essoufflement et respiration sifflante. Dans le cas de l’asthme, l’obstruction des voies respiratoires est variable et réversible. Même si elle se déclare généralement très tôt, l’asthme est une maladie qui peut survenir à tout âge.
Remarquons enfin que la spirométrie sert ensuite à assurer le suivi de la maladie diagnostiquée.
Procédé
Pour cet examen simple, rapide et totalement indolore, le médecin, généralement pneumologue, utilise un spiromètre destiné à mesurer directement les changements de volume des poumons et le débit aérien. Le spiromètre met en évidence, en quelques minutes, toute une série de paramètres ventilatoires, il permet d’enregistrer le volume d’air que vous mobilisez lors de la respiration ainsi que le débit maximum de votre souffle.
Durant la séance de spirométrie, vous serez assis. On vous demandera de souffler dans un embout en caoutchouc relié au tuyau d’un appareil que l’on appelle spiromètre. Pour éviter les fuites, on vous placera préalablement un pince-nez. On vous demandera de respirer normalement dans l’embout, puis au signal qui vous sera donné, de prendre une inspiration maximale et d’expirer profondément. Il vous faudra vider le plus vite et le plus complètement possible vos poumons. On vous demandera de répéter ces gestes plusieurs fois.
Le médecin vous demandera peut-être d’inhaler un bronchodilatateur par aérosol, afin de lui permettre de préciser si l’obstruction est réversible ou non et de différencier une BPCO d’un asthme.
Durant l’examen, le spiromètre affiche les résultats sur un spirogramme, une représentation graphique de l’état ventilatoire. Les données et les résultats du test sont calculés et mémorisés. Le médecin peut ainsi les comparer à la fonction pulmonaire moyenne d’une personne de même race, taille, poids et âge et peut ainsi tirer un diagnostic.
Public visé
Étant donné l’importance des maladies pulmonaires obstructives et la méconnaissance des symptômes, il paraît indispensable que les adultes et les enfants qui présentent des problèmes respiratoires puissent se faire dépister.
Pour savoir si vous faites partie de ceux pour qui il est recommandé de passer une spirométrie, il vous suffit de répondre au questionnaire (1) ci-dessous. Si vous répondez par l’affirmative à trois de ces questions ou plus, n’hésitez pas à passer l’examen.
• Toussez-vous régulièrement?
• Avez-vous régulièrement des expectorations?
• Vous arrive-t-il d’avoir la respiration sifflante?
• Êtes-vous plus rapidement essoufflé que la plupart des personnes de votre âge?
• Êtes-vous fumeur ou ex-fumeur?
• Avez-vous plus de 40 ans?
Florence Coutellier
(1) Questionnaire mis en place par la Société Belge de pneumologie en partenariat avec la FARES qui organisent une journée de dépistage gratuit le 31 mars. Inscriptions : 0800/25 725
-
Site : www.spirometrie.be
|