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Actes techniques (19 février 2004)


 

 

Comprendre l’anesthésie

Aujourd’hui, on ne peut envisager les soins médicaux et les interventions chirurgicales sans l’anesthésie. Cette technique est devenue, au fil du temps, une spécialité médicale à part entière.

 

Une anesthésie est un acte technique qui vise à obtenir l’insensibilité du patient aux douleurs provoquées par les actes chirurgicaux ou médicaux (tels que, par exemple, une exploration diagnostique à l’intérieur du corps du patient).

Le principe de l’anesthésie est toujours le même. Puisque le message de la douleur part des récepteurs situés surtout dans la peau, parcourt les nerfs sensitifs pour aller jusqu’à la moelle épinière et remonter au cerveau, l’anesthésie cherchera à le bloquer dans son cheminement, à l’interrompre en un point ou en un autre.

Il existe cependant différents types d’anesthésie :

L’anesthésie générale : elle suspend l’ensemble des sensibilités de l’organisme, en “endormant” le cerveau et s’accompagne donc d’une perte de conscience.

L’anesthésie loco-régionale et locale : l’insensibilité est alors limitée à une partie du corps. Vous restez donc conscient durant l’intervention.

 

Procédés

Pour une anesthésie générale, des médicaments -des agents anesthésiques- sont administrés par injection dans une veine ou plus rarement aujourd’hui, par inhalation grâce à un masque posé sur le visage. Les médicaments provoquent très rapidement un sommeil artificiel, très différent du sommeil naturel.

Dans le cas d’une anesthésie loco-régionale, les anesthésiques locaux sont injectés dans le voisinage d’un nerf ou de la moelle épinière afin d’insensibiliser une partie du corps. Il existe des techniques permettant d’anesthésier un pied, une jambe, un bras…Suivant l’endroit insensibilisé, la technique porte un nom différent. On parle, par exemple, d’anesthésie rachidienne lorsque l’on endort tout le bas du corps.

En Belgique, seul un médecin anesthésiste-réanimateur peut pratiquer une anesthésie. Son rôle est essentiel tout au long de l’intervention. Il maintient l’anesthésie au cours de l’opération en réinjectant périodiquement des anesthésiques ou en replaçant le masque d’inhalation. Mais il est aussi chargé d’assurer la surveillance et le soutien des fonctions essentielles de votre corps durant l’acte. Il est aujourd’hui aidé par des appareils de monitoring de plus en plus performants. Il peut ainsi surveiller en permanence le pouls, le rythme cardiaque, la tension, l’oxygénation du sang artériel (oxymétrie), et de nombreux paramètres respiratoires…

Cette surveillance permet au médecin, en cours d’intervention, de prendre sans délai toutes les décisions nécessaires au maintien de votre sécurité et d’adapter constamment l’anesthésie à ce que fait le chirurgien et à votre endormissement.

Après l’intervention, l’anesthésiste est aussi chargé de surveiller le réveil, ou plus justement le retour à la conscience. Il va ainsi estimer la qualité de celui-ci au sein d’une unité de soins post-anesthésiques que l’on appelle communément la salle de réveil. Le retour à la conscience est progressif et dépend fortement de l’âge, du poids, de la manière dont certains organes comme les reins, le cœur et les poumons fonctionnent. Dès lors, le temps passé dans la salle de réveil est variable : il peut parfois durer plusieurs heures ! Un long moment passé en salle de réveil ne signifie pas pour autant qu’il y a des complications. Ce long séjour se justifie par un souci de sécurité. Vous serez reconduit dans votre chambre dès que votre état sera stabilisé.

Dans le cas d’anesthésies locales ou loco-régionales, la récupération de la fonction des nerfs se fera en dehors de la salle de réveil. Elle est progressive et peut prendre plusieurs heures. A certains stades, même si vous ne sentez rien, il vous sera peut-être possible de bouger. Mais, ce n’est pas parce que vous pouvez vous mouvoir que vous avez récupéré une force normale ! Mieux vaut demander à une infirmière si vous pouvez vous appuyer sur la jambe ou sur le bras qui a été anesthésié!

 

Précautions

Avant l’intervention, le médecin-anesthésiste établira votre bilan de santé. Cet examen pré-anesthésique est important puisqu’il vise à mettre en évidence les éventuels risques liés à la procédure et à mettre tout en œuvre pour assurer votre sécurité. Il est donc essentiel de répondre sincèrement à toutes les questions et de signaler la moindre prise de médicaments ou toutes les allergies connues. Cette rencontre préalable vous donnera aussi l’occasion de discuter, avec le médecin, du choix des techniques, de la préparation de votre intervention et de poser toutes les questions que vous désirez.

Pour votre sécurité et votre confort, l’anesthésiste vous demandera également d’être à jeun -de n’avoir rien bu, ni rien mangé- plusieurs heures avant l’anesthésie. Votre estomac doit être vide avant l’intervention pour éviter les inhalations.

Dans le même souci de sûreté, si vous prenez quotidiennement des médicaments, l’anesthésiste vous signalera si vous devez continuer ou arrêter de suivre votre traitement habituel.

Enfin, avant l’anesthésie, pour diminuer votre anxiété, il est possible que vous soyez soumis à une prémédication : le médecin vous administrera des médicaments qui vous prépareront à l’anesthésie et à l’intervention.

 

Des inconvénients?

Lors d’une anesthésie, peuvent survenir des réactions allergiques à certains produits. Certaines personnes peuvent être allergiques sans le savoir à certains antibiotiques, liquides de perfusion, …utilisés pendant l’opération et réagir de manière plus ou moins importante par des urticaires, des crises d’asthme ou une baisse de la tension artérielle.

Une anesthésie peut entraîner, dans les heures qui suivent, des vomissements et nausées. A quoi est-ce dû? A l’anxiété, aux anesthésiques utilisés. Il existe néanmoins des médicaments qui permettent de diminuer la fréquence de cet inconvénient.

Après une anesthésie générale, il est possible que pendant quelques heures, votre voix soit rauque. En cause, le tube que l’on introduit dans la bouche pendant l’opération pour assurer l’arrivée d’oxygène aux poumons, mais aussi l’anesthésie, elle-même, qui peut laisser la bouche et la trachée sèches.

Enfin, une anesthésie peut provoquer un état de fatigue important et peut occasionner des troubles de la vigilance. Si l’anesthésique a un effet de courte durée, l’action des calmants et des médicaments donnés en prémédication est beaucoup plus longue. Évitez donc de conduire un véhicule ou d’effectuer un travail dangereux 24h après une intervention.

Florence Coutellier

 

(1) : le taux de décès suite à une anesthésie est actuellement évalué aux alentours de 1 sur 13000 (chiffres d’octobre 2003 donnés par l’American Society of Anesthesiologists, basé sur les 20 dernières années partout dans le monde).

 

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