|
Mutualité
service (3 août 2006)
Les suppléments d’honoraires
lors d’une hospitalisation
La pratique des suppléments d’honoraires que peuvent demander les médecins à
leurs patients hospitalisés est bien réglementée.
Lorsqu’il existe
un accord médico-mutualiste, comme c’est le cas pour ces années 2006 et
2007, il faut faire la distinction entre les médecins qui ont adhéré à cet
accord (ce sont les médecins conventionnés) et ceux qui n’y ont pas adhéré
(ou à tout le moins pour une partie de leurs prestations).
En chambre commune ou à 2 lits
Les médecins
conventionnés ne peuvent pas demander de suppléments d’honoraires.
Les médecins non
conventionnés peuvent demander des suppléments d’honoraires.
Toutefois, il
leur est interdit de demander des suppléments aux catégories de patients
suivantes : les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM) (2), les
personnes reconnues par leur mutualité comme malade chronique, celles qui
ont droit à une intervention pour matériel d'incontinence et celles qui
reçoivent une intervention palliative ou sont admises dans un service de
soins palliatifs.
Ces dispositions
sont d’application pour les hospitalisations classiques et les
hospitalisations de jour.
Dans les hôpitaux
universitaires, qu’ils soient conventionnés ou non, les médecins ne peuvent
pas facturer de suppléments d’honoraires en chambre commune ou à deux lits.
En chambre à 1 lit
Que le médecin
soit conventionné ou non, le supplément d’honoraires est autorisé. Aucun
plafond n’est fixé par arrêté royal.
Cependant, aucun
supplément d’honoraires ne peut être facturé dans les situations suivantes:
- L’état de santé
du patient, les conditions techniques d’examen, de traitement ou de
surveillance requièrent un séjour en chambre particulière.
- Le patient doit
être admis dans une chambre particulière parce qu’il n’y a plus de chambres
communes ou à deux lits disponibles.
- L’admission à
l’hôpital a lieu directement dans une unité de soins intensifs ou de soins
urgents et durant le séjour dans ces unités.
Ces dispositions
sont d’application pour les hospitalisations classiques et les
hospitalisations de jour y compris dans les hôpitaux universitaires.
Conventionné ou pas?
Les médecins
conventionnés et partiellement conventionnés sont tenus d’afficher dans leur
salle d’attente ou locaux d’inscription un document mentionnant les jours et
heures pendant lesquels ils respectent l’accord. Mais cette obligation est
peu respectée.
Pour savoir si
tel médecin est conventionné ou pas, renseignez-vous auprès de votre
mutualité ou demandez-le au médecin lui-même.
Par ailleurs,
l’hôpital doit pouvoir fournir une liste des médecins et de leur statut et
vous informer quant aux suppléments d’honoraires qui peuvent être facturés.
Les montants maximum sont en effet indiqués sur le formulaire d’admission
que vous recevez au moment de votre entrée à l’hôpital.
Pour avoir la
garantie qu’aucun supplément d’honoraires ne vous sera réclamé sur les
prestations médicales, vous pouvez demander d’être soigné au tarif de la
convention. En optant pour cette formule, vous serez limité dans le choix
des médecins et la chambre particulière ne vous sera pas accessible.
Et les paiements hors facture?
Il arrive que des
prestataires de soins demandent à leurs patients de payer leurs honoraires
(ou un supplément) en espèces, ou leur envoient une lettre les invitant à
leur verser une certaine somme sur leur compte. Ces pratiques sont
répréhensibles et illégales. Tous les montants à charge du patient doivent
figurer sur la facture d’hospitalisation. Outre le fait que ces paiements ne
donnent droit ni à l’intervention de l’assurance maladie ni à celle d’aucune
assurance hospitalisation, ils peuvent aussi avoir des conséquences en
termes de responsabilité en cas d’erreur médicale ou de complications.
Il faut donc
refuser de payer les médecins en dehors de ce qui est facturé par l’hôpital
ou par le Conseil médical de l’hôpital pour leurs prestations. Si vous êtes
confronté à cette pratique, n’hésitez pas à vous adresser au service
«Défense des membres» de votre mutualité.
JD
(1) AR du 29-09-2002 modifié par l’AR du 9-01-2003
(2) Voir la remarque concernant les BIM dans la note 3
de l’article ci dessus.
|