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Éditorial (7 octobre 2010)

 

Les mutualités proposent
un budget 2011 réaliste
et responsable

Malgré un contexte économique et politique difficile, le Comité de l’assurance de l’Inami a pris ses responsabilités en marquant son accord sur la proposition de budget 2011 formulée par les mutualités. Tout en protégeant les patients, ce budget dégage un excédent de plus d’un milliard d’euros qui pourra être affecté au financement global de la sécurité sociale. Un budget réaliste et responsable!

La loi prévoit que le Comité de l’assurance de l’Inami doit déposer une proposition de budget début octobre. Cette proposition est le fruit de nombreuses concertations avec les différents groupes de prestataires de soins, médecins, dentistes, industrie pharmaceutique, infirmières, pharmaciens, maisons de repos et de soins, hôpitaux… Les besoins de chaque secteur sont étudiés, mis en priorité et finalement consolidés dans un tableau final. L’ensemble des besoins présentés dépasse chaque année les possibilités budgétaires. Mais cette année, les circonstances budgétaires et politiques rendent l’exercice particulièrement difficile.

 

Un contexte particulièrement
complexe

La situation du budget de l’Etat fédéral et de la Sécurité sociale est extrêmement préoccupante. D’ici 2015 le Gouvernement doit réaliser un plan d’économies évalué à une vingtaine de milliards d’euros (entre 22 et 25). En 2011, le déficit de la Sécurité sociale est estimé à 4,61 milliards d’euros. Au niveau politique, le gouvernement en affaires courantes n’est pas habilité à développer un vrai plan d’assainissement, ni à envisager une politique offrant une perspective à long terme. La paralysie politique empêche d’entamer un vrai débat d’avenir. Mais, avec le temps qui passe, les choix inévitables en termes d’économies et de nouvelles recettes (impôts, taxes, cotisations…) risquent d’être d’autant plus douloureux. Dans ce contexte difficile, les mutualités ont pris leur responsabilités, soucieuses d’assurer la continuité de la politique des soins de santé. Elles ont proposé au Comité de l’assurance, le 4 octobre dernier, un budget 2011 à la fois économe et positif pour les patients.

 

Les patients et la Sécurité sociale
préservés

Pour calculer le budget des soins de santé, la loi prévoit l’application d’une norme de croissance annuelle de 4,5%. Toutefois la réalité des dépenses en soins de santé est, depuis 2005, en dessous de cette norme et, depuis lors, l’assurance soins de santé génère des surplus. En 2011 aussi, l’application de la norme de croissance de 4,5% génèrera un surplus. Mais vu le déficit important de la Sécurité sociale, les mutualités ont proposé de ne pas utiliser ce surplus pour financer les nouvelles mesures en assurance soins de santé. 

Plusieurs des mesures proposées visent à réduire les coûts à charge des patients. Elles concernent la consultation de médecine de garde, les soins dentaires, le matériel pour les patients diabétiques, le matériel d’incontinence en maisons de repos...

Seules les propositions urgentes et prioritaires ont été retenues, à savoir celles qui assurent la continuité des accords et conventions – et donc la sécurité tarifaire du patient –, celles qui réduisent et limitent les quotes-parts personnelles et les suppléments à charge des patients, et enfin, celles qui assurent le financement des coûts liés au personnel. Pour financer ces nouvelles initiatives (pour un total de 127 millions d’euros), les mutualités ont proposé une liste d’économies pour un montant équivalent.

Par ailleurs, les mutualités ont suggéré que l’entièreté du surplus de l’assurance soins de santé – soit plus d’un milliard d’euros –  serve à équilibrer les comptes des autres branches de la Sécurité sociale, comme l’assurance chômage. Ainsi l’assurance soins de santé, secteur le plus important de la Sécurité sociale, participe à l’effort budgétaire nécessaire dans la gestion globale de notre système de solidarité interpersonnelle.

 

2011, année charnière
pour une politique à long terme

Au-delà de l’exercice budgétaire 2011, les organismes assureurs ont aussi formulé toute une série de recommandations visant à garantir la viabilité de notre système de soins à long terme : étendre le système de financement par pathologie dans les hôpitaux, revoir la nomenclature des honoraires médicaux, revoir le mécanisme de formation des prix des implants et matériels médicaux, diminuer le volume des médicaments consommés en maisons de repos…

2011 sera en ce sens une année charnière car il faudra se préparer à faire face à des années tendues au niveau budgétaire : l’impact du vieillissement va s’accélérer ; un nouvel accord social devra être négocié dans le secteur non-marchand ; l’assainissement budgétaire sera plus exigeant encore. Pour maintenir l’accès des soins, l’attractivité pour le personnel soignant et garder l’équilibre budgétaire, il faudra prendre des mesures structurelles et mener une politique de santé volontariste.

Dans un contexte budgétaire et politique délicat, les mutualités ont pris leur responsabilité et proposé un budget des soins de santé 2011 réaliste et équilibré. Le Comité de l’assurance de l’Inami l’a approuvé. Il participe ainsi à la viabilité du système de soins et de la sécurité sociale. Il appartient maintenant aux responsables politiques et aux partenaires sociaux de prendre le relais.

 


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