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Échos de l'actualité sociale et de la santé ( 16 décembre 2010)



 

Convention des Nations Unies

Protéger les travailleurs migrants

Il y a 20 ans, était adoptée une Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. L'organisation “Décembre 18” réclame sa ratification par les Etats membres de l'Union européenne.

© BELPRES

Le 18 décembre 1990, l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait la Convention sur les travailleurs migrants. Cette convention constitue le cadre juridique international et entend orienter les Etats sur la démarche à suivre pour respecter les droits des migrants dans leurs politiques relatives à la migration de main-d’œuvre.

Une organisation non gouvernementale dénommée “Décembre 18” – en référence à la date de la signature de la Convention et active depuis 1999 – a établi une pétition à l'adresse de l’Union européenne. L'Ong, dotée d'un statut consultatif spécial auprès du Conseil économique et social des Nations Unies, estime que le 20ème anniversaire est “une excellente occasion pour que l'Union se montre fidèle à ses valeurs fondamentales et refuse tout compromis sur les droits des travailleurs migrants”. La Convention sur les travailleurs migrants est ratifiée par 42 États. 16 autres l’ont signée et sont en train de la ratifier. Cependant, à ce jour, aucun État membre de l’UE ne l’a signée ni ratifiée.

“Les Nations Unies estiment à 214 millions le nombre de personnes vivant en dehors de leur pays de naissance ou de nationalité et selon l’Organisation internationale du travail (OIT), près de la moitié d’entre eux sont des travailleurs migrants actifs économiquement, relate la Fédération internationale des Droits de l'homme. Avec leurs familles, ils constituent la majorité de tous les migrants internationaux”. L'objectif est de s'assurer que les droits fondamentaux de  tous ces migrants soient connus, reconnus et protégés efficacement.

Le Mouvement ouvrier chrétien et ses organisations soutiennent cette campagne et enjoignent à signer cette pétition sur le site officiel de la campagne: www.december18.net 


 

Droits des pauvres

ou pauvres droits?

Les associations partenaires lors de l’écriture du Rapport général sur la pauvreté (1994) livrent un nouveau travail collectif consacré à la conditionnalité des droits, aux exigences face à l’emploi ou à la recherche d’un emploi, face aux droits sociaux de manière générale.

Pour ces associations qui rassemblent des personnes très pauvres(1), le Rapport général sur la pauvreté réalisé en 1994 reste une référence. C’est surtout son processus d’élaboration qu’elles ont apprécié et veulent poursuivre. Loin des discussions d’experts, il s’agit de partir de la parole des plus pauvres eux-mêmes, de leurs vécus et d’élaborer collectivement des revendications. Depuis 2008, elles ont entamé ce travail autour de la conditionnalité des droits. Il s’agit de la construction collective d’une parole.

De leurs échanges, il ressort un constat : on parle de plus en plus de responsabilisation, affirmant que les gens doivent ‘se prendre en main’ ou ‘devenir autonomes’ ; mais les exemples vécus montrent que la multiplication des conditions imposées aurait l’effet contraire. Elle renforcerait la dépendance. Les parcours apparaissent comme très compliqués, parsemés de contraintes et de démarches parfois très longues, dont l’aboutissement peut se muer en une voie sans issue. Et de décrire quelques situations exemplatives. Celle de cette dame sans abri qui, faute d’être répertoriée comme sans domicile, ne peut prétendre à une adresse de référence et cumule les difficultés dans de nombreux actes de la vie pour lesquels une adresse est nécessaire. Ou celle de cette mère de famille qui élève seule ses enfants et est au chômage. On lui propose une formation pratique de palefrenier dans un manège avec notamment des horaires de week-end. Elle n’ose refuser mais s’inquiète du peu de garantie de trouver un travail correspondant à cette formation par la suite…

Les associations le mettent en évidence : faire valoir ses droits est difficile. La peur des conséquences est fort présente. La législation n’est pas connue ou maîtrisée par le quidam tant elle est complexe, et le rapport de force apparaît comme inégal. Les personnes vivant dans la grande pauvreté se sentent en position de faiblesse face à ce qu’elles peuvent ressentir comme de l’arbitraire. Car les conditions tantôt imposées aux uns semblent interprétées avec largesse pour les autres. Et les associations de questionner ce qui produit la grande pauvreté, “à un moment où on tend davantage à rendre les pauvres responsables de la situation qu’ils vivent”.

//CD

 

(1) APGA, ATD Quart Monde, Centrum Kauwenberg, Daklozen Actie Komitee, Dal Mons Borinage, De Vrolijke Kring, Front commun SDF, La Rochelle, Lutte Solidarités Travail (LST), Le Pivot, Solidarités Nouvelles.

 

>> Plus d’infos auprès de LST : 081/22.15.12 - www.mouvement-lst.org/ 

ou d’ATD Quart Monde : 02/647.99.00 - www.atd-quartmonde.be/


 

Le travail,

c’est fou !

Habituée à décrypter les liens entre société et santé mentale, l’asbl l’Autre “lieu” rappelle que le fait d’avoir un job et un revenu n’est pas la seule voie d’accès à la reconnaissance sociale. Pour les publics les plus fragilisés, confrontés à la dureté de l’Etat social actif, cet enjeu est de plus en plus crucial.

Le travail… Sans lui, beaucoup de gens souffriraient d’un manque d’identité et de reconnaissance sociales. Et pourtant, le boulot peut aussi constituer une source de mal-être, de souffrance, et entraîner la résignation. Habituée à penser “autrement” la psychiatrie et à refuser la mise à distance du “fou” ou du “malade mental”, l’association l’Autre “lieu”, lieu d’accueil non thérapeutique de première ligne, a voulu questionner la notion de travail, trop souvent considérée comme seule et unique voie d’émancipation dans nos sociétés occidentales. “Nous rencontrons souvent des personnes qui veulent travailler ou retravailler, explique-t-on à l’asbl. Le travail est leur objectif principal, le sésame qui leur permettra d’atteindre une normalité fantasmée, avant même la reconstruction de soi: régler des détails administratifs, des conflits avec ses proches, revoir des amis, reprendre confiance en soi, etc. (…) Mais le chômage s’installe massivement et aucun autre mode de reconnaissance sociale ne semble pouvoir remplacer valablement le fait d’occuper un emploi”.

Inéluctable? Pas sûr. L’Autre “lieu” a interrogé des travailleurs, des professionnels du travail social et des personnes en cours de réinsertion sur leurs représentations du travail. Elle a identifié trois facteurs susceptibles de favoriser la souffrance au boulot: la peur de perdre son job (les plus de cinquante ans, les moins qualifiés, les handicapés… n’osent pas refuser les postes précaires), le processus d’individualisation (les méthodes de recrutement, de rémunération et d’évaluation se départissent de plus en plus des règles ou des traditions collectives) et l’apparition de nouvelles règles managériales (on multiplie à l’envi les objectifs à atteindre, parfois irréalistes, et on rigidifie les systèmes d’évaluation et de contrôle.

L’Autre “lieu” a ensuite identifié les sources de bien-être au travail: on participe à un monde commun; on est autonome; on “compte” pour autrui et, fort de son revenu, on peut bénéficier de loisirs. Surtout, on est en mesure, disent les personnes interrogées, de venir en aide à ses amis ou à sa famille. Le hic, c’est que nous ne sommes pas tous égaux face à l’emploi. L’asbl reconnaît que des aménagements minutieux sont mis en place spécifiquement à l’intention des publics les plus vulnérables. Mais qu’advient-il de ceux qui ne parviennent pas à se ‘réactiver’ au sein du marché du travail? “Vont-ils être sanctionnés? Vont-ils perdre une partie de leurs allocations? Sont-ils menacés d’être, selon les propres paroles d’une personne interrogée, abandonnés au bord de l’autoroute”?

En guise de réponse, l’Autre “lieu” propose d’aller au-delà des solutions qui pallient aux lacunes du système et de viser l’amont des processus d’exclusion en garantissant le maintien du travail pour tous. Comment? En multipliant et en soutenant les initiatives de management participatif dans les entreprises, comme le pratique déjà le secteur de l’économie sociale.

Mais l’asbl va plus loin, estimant que le travail n’est pas l’unique source de réalisation de soi ni de reconnaissance sociale. Elle met en avant le rôle salutaire des Réseaux d’échanges de savoirs (RES) ou des Systèmes d’échanges locaux (SEL). Leur principe: chacun sait ou possède quelque chose qu’il peut apporter à l’autre en échange d’un savoir ou d’un bien. Les diplômes n’y ont aucune importance. Le même genre d’échange de savoirs, source de reconnaissance sociale, se pratique dans les crèches parentales, les régies de quartier et d’autres initiatives de type “collectifs”. Les réflexions de l’Autre “lieu” sont disponibles dans une brochure spécifique (1) et l’asbl organise des animations gratuites sur cette thématique.

// Ph.L.

(1) www.autrelieu.be


 

PISA 2009,

la fracture sociale se confirme

L’enquête Pisa a livré son lot de résultats pour 2009. Les élèves s’améliorent en lecture mais ils n’ont toujours pas la bosse des maths et régressent même en sciences. Un constat perdure : le système d’enseignement de la Communauté française reste inégalitaire.

Tous les trois ans, depuis 2000, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) évalue les performances des élèves âgés de 15 ans dans les 34 pays membres de l’OCDE et dans de nombreux pays partenaires. Nom de “code”: PISA pour Programme for international student assessment. Et voici que sont arrivés début décembre les résultats de l’enquête 2009.

© REPORTERS

La première fois, en 2000, les différents acteurs de l’enseignement de la Communauté française étaient tombés de haut car nos résultats étaient tout bonnement catastrophiques. Aujourd’hui, nous redressons la barre et progressons de 14 points en lecture. Cela correspond dans la terminologie de l’OCDE à une demi-année d’enseignement. Marie-Dominique Simonet, ministre francophone de l’Enseignement et Rudy Demotte, ministre-président de la Communauté française, se sont félicités de ces premiers progrès, fruits des réformes scolaires initiées ces dernières années mais aussi du travail des acteurs de terrain. Mais “la modestie reste de mise” ont-ils encore déclaré. Effectivement… Réformes ou pas, les jeunes élèves perdent des points en math (classés 20e en 2000, les voilà 26e sur 37 pays) et en sciences (classés 25e la Communauté française est aujourd’hui 33e).

La principale ombre au tableau réside dans les inégalités des résultats entre les élèves forts (il y a 8% de très bons lecteurs) et les élèves faibles voire très faibles (l’étude recense 23% de très faibles lecteurs) en Belgique francophone. Avec 151 points d’écarts entre les extrêmes, la Communauté française bat tous les records d’inégalités. Le service de pédagogie de l’Ulg a décortiqué au plus près les résultats et on remarque que les Belges d’origine, issus de milieu favorisé, n’ayant jamais redoublé cumulent leurs “chances” avec d’excellents résultats, à l’inverse des immigrés, de condition modeste, ayant redoublé, qui se classent en dessous de la moyenne.

“L’enquête Pisa a le mérite de montrer que les inégalités se creusent entre élèves ‘riches’ et ‘pauvres’. Pour réduire la fracture sociale, il faut construire un projet éducatif fort qui allie les objectifs qualitatifs aux savoirs de base au sein d’un véritable tronc commun jusqu’à 14 ans”, interpelle le mouvement socio-pédagogique Changement pour l’égalité. Il remarque la perspective de performance et de rendement dans laquelle s’inscrit ce type d’enquête.  Pour “l’Appel pour une école démocratique” (Aped), il n’y a donc pas lieu de se réjouir, “rien n’a vraiment changé depuis 2000”. L’Aped parle de tabous dans les débats sur l’enseignement tels le marché scolaire, les réseaux, les filières, et demande au gouvernement de s’y attaquer. Même son de cloche du côté du Comité des élèves francophones (CEF) et de la Fédération des étudiants francophones (FEF). Ils tempèrent la satisfaction affichée par le gouvernement de la Communauté française et défendent “un enseignement public, de qualité, égalitaire et accessible à tous”. Ces différents acteurs espèrent que la publication des résultats donnera l’occasion d’ouvrir à nouveau les débats sur l’organisation de l’enseignement. A suivre donc…

// FR


 

Mobilité

Roulez jeunesse!

Les jeunes francophones pestent contre la rareté des pistes cyclables et des abris sécurisés pour leur vélo. Mais, en matière de mobilité, ils se disent plutôt prêts à jouer leur rôle d’éco-citoyens.

© REPORTERS

Plus audacieux que leurs aînés, les jeunes, en matière de mobilité? C’est l’impression que laisse une enquête du Conseil de la Jeunesse, qui a porté sur 774 jeunes âgés entre 16 et 30 ans, dont près de 60% sont encore aux études et vivent en ville, et 33 % utilisent la voiture tous les jours(1). 40% d’entre eux (davantage encore les garçons que les filles) sont favorables à la mise en place d’un péage urbain pour désengorger les villes. Ils sont nombreux, également, à penser qu’il faut supprimer les avantages fiscaux liés aux voitures de société et à prôner le recours à la vignette autoroutière.

Ce ne sont que quelques-uns des résultats de cette enquête, menée également des côtés néerlandophone et germanophone. Les réponses font apparaître des résultats en double teinte sur les transports en commun. La distance entre le domicile des jeunes Francophones et un arrêt de transport en commun est assez  réduite (moins de 100 mètres dans 43% des cas). Ils jugent les trains, trams et bus globalement confortables et accessibles, mais aussi sûrs. Ils sont nettement plus critiques sur la fréquence des transports et sur leur coût. Le Conseil de la Jeunesse en déduit que l’augmentation de vigiles et de caméras, de même que de la présence policière, ne devraient pas être des priorités politiques. Il recommande plutôt d’améliorer l’amabilité et l’accueil du personnel, de même que le renforcement de l’offre de transport, tant diurne que nocturne (une grande demande existe pour ce dernier), et d’envisager la construction de parkings sécurisés pour les vélomoteurs et les vélos.

Au sujet des vélos, le gouffre entre les jeunes Flamands et Francophones se vérifie. A peine 9% des derniers affirment utiliser leur petite Reine presque tous les jours, alors qu’ils sont 46% dans ce cas du côté flamand. A noter que le relief ne semble pas être évoqué pour expliquer cette situation du côté francophone, où les jeunes citent plutôt l’absence de parkings sécurisés pour leur vélo et la rareté de pistes cyclables jugées fiables ou… l’absence pure et simple de celles-ci. 82% des Francophones estiment que les pistes cyclables ne sont pas suffisantes, alors que seuls 40% des jeunes Flamands pensent de la sorte. A noter cette petite contradiction de notre belle jeunesse: bien que 59% se sentent en insécurité sur leur vélo en ville, ils sont 74% à ne jamais porter de casque et 64% à ne jamais arborer d’accessoires fluo…

Quelques disparités existent aussi au niveau sous-régional, les jeunes Liégeois étant les plus ardents à réclamer des pistes cyclables et les jeunes Bruxellois étant les plus demandeurs d’une politique générale de mobilité à l’écoute de leurs besoins. Le Conseil de la Jeunesse en appelle à des décisions fortes des pouvoirs publics et n’hésite pas à leur faire un appel du pied, rappelant que de nombreux jeunes semblent prêts à les soutenir, par exemple lorsqu’il s’agit de renoncer à l’usage de la voiture une fois par semaine pour des raisons environnementales ou à payer plus cher l’achat d’une voiture moins polluante….

// Ph.L.

 

(1) L’enquête a été réalisée entre juillet et octobre 2010, principalement par Internet, mais aussi via des questionnaires remplis lors des festivals musicaux d’été.


 

Du changement

dans les virements papiers

Les agences bancaires n’accepteront plus, très bientôt, les anciens bulletins de virements oranges. La période de coexistence avec les nouveaux documents touche à sa fin.

Dès le 1er janvier prochain, c’en sera fini du bulletin de virement orange “à l’ancienne”. Les nouveaux bulletins – rouges – supplanteront définitivement l’ancien document, clôturant ainsi une période dite de “migration” de près de trois ans où les deux formules ont coexisté(1). Concrètement, tous les virements se réalisant par la voie papier, c’est-à-dire n’ayant pas recours au Net banking, devront se faire avec le virement européen, dont la mention du code IBAN est l’un de signes distinctifs au même titre que la couleur rouge. C’est la conséquence de la création d’un Espace unique de paiement (SEPA), qui permet d’uniformiser la procédure de virement en euros dans les 27 pays membres de l’Union européenne, ainsi qu’en Islande, en Norvège, en Suisse et au Liechtenstein.

Est-ce la fin irrémédiable et brutale des anciens virements, où le numéro de compte bénéficiaire ne contenait que 12 chiffres? Pas tout à fait. L’association belge des banques (ABB) annonce une période de tolérance (mais très courte!). Pendant celle-ci, les machines qui gèrent automatiquement les virements continueront à lire les anciens numéros de compte. Cette période, qu’elle annonce “concertée entre les banques”, sera “très brève”, sans autre forme de précision mais “personne ne sera mis en difficulté”. Ce qui est sûr: un virement encodé fin 2010 destiné à être réalisé tout début 2011 sera bel et bien exécuté. Pour les autres, le guichetier devra signaler au client qu’il doit passer aux nouveaux virements. A l’ABB, on s’affiche serein: les virements papiers ne concerneraient plus “que” 15% des virements. Il reste quelques jours à peine pour faire passer définitivement l’information auprès des associations, écoles, hôpitaux, ONG qui font toujours payer “leur” public au moyen des anciens virements…

 

(1) Lire, aussi, “Le nouveau formulaire de virement européen” d’En Marche du 5 novembre 2009, disponible sur www.enmarche.be

 


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