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Échos de
l'actualité sociale et de la santé
( 17 décembre 2009)
Tout
savoir
sur les éco-chèques
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© Jean-Renaud Sancke/Belpress |
La
CSC vient d’éditer une nouvelle brochure pour se familiariser aux “chèques
verts”, ces nouveaux modes de rétribution destinés à encourager l’achat de
biens durables et écologiques.
Les éco-chèques ne sont
pas encore massivement en circulation, excepté dans certains secteurs comme
la chimie et la métallurgie. Mais il y a gros à parier que, d’ici quelques
années, ils seront devenus banals pour des centaines de milliers de gens.
Ainsi, à partir de 2010, le montant total de “chèques verts” qu’un employeur
peur remettre à son personnel passera de 125 euros par personne (en 2009) à
250 euros. Quant au nombre de secteurs professionnels ayant décidé de les
utiliser, il progressera très vraisemblablement.
Pour permettre de se
familiariser à ce nouveau mode de rétribution, la CSC vient d’éditer une
brochure qui reprend notamment les six secteurs d’activité concernés : les
économies d’eau, les économies d’énergie, la mobilité durable, la prévention
des déchets, les produits qui portent l’éco-label européen (une petite fleur
verte et bleue) et la nature. Elle décrit la véritable nature de ces petits
suppléments versés par l’employeur à son travailleur.
Les éco-chèques
permettent de financer l’acquisition de produits et de services écologiques.
A la différence des chèques-repas, ils ne font pas l’objet d’une cotisation
du travailleur. D’un montant maximum de 10 euros, leur validité est de
vingt-quatre mois. Ils peuvent donc être cumulés afin de financer l’achat
d’équipements plus coûteux, par exemple dans le domaine des économies
d’énergie (panneaux solaires, chaudières…) ou dans celui des voitures à
pollution moindre (filtres à particules, installations LPG…). La liste
complète, gérée par le Conseil national du travail, reprend évidemment des
biens nettement moins onéreux comme les lampes économiques, les pommeaux de
douches économiques, les piles rechargeables, les papiers ou détergents
éco-labellisés, voire du terreau écologique, etc.
Infos:
www.ecocheques.be
Santé
L’éducation, avant
tout!
Education
Santé fête, en cette fin d’année, son 250ème numéro. L’occasion de se
pencher sur cette publication spécialisée dans la promotion de la santé en
Communauté française.
C’était en novembre
1988. La Communauté française publie un arrêté organisant la promotion de la
santé. Banal? Pas tout à fait. D’abord parce que cette notion était loin
d’être aussi connue qu’aujourd’hui. Ensuite, parce que la Belgique, à cette
époque, est encore largement dans une logique fédérale: la compétence Santé
des Communautés commence seulement à s’affirmer. A l’époque, la Mutualité
chrétienne dispose déjà, depuis dix ans, d’un organe de presse abordant le
thème de la santé: Education Santé. Celle-ci devient alors une cellule
inter-mutualiste. En collaboration avec la Mutualité socialiste, elle est
chargée par le ministre de l’époque, Charles Picqué, d’aborder la politique
de santé en Communauté française auprès de tous les professionnels
concernés: infirmiers, médecins, assistants sociaux, paramédicaux, etc. Ils
sont 10.000 lecteurs, aujourd’hui (sans oublier les 20.000 consultations
mensuelles de www.educationsanté.be ), à lire chaque mois ce mensuel gratuit
qui se veut dense et détaché de l’actualité brûlante au profit de l’analyse
et de l’approfondissement des thématiques. «Au lieu, par exemple, d’aborder
le contenu d’une campagne de prévention contre le Sida, ce qui est le propre
d’autres publications, Education Santé privilégie le contexte d’émergence de
celle-ci: comment la campagne se prépare, qui elle cible, avec quels outils
d’interpellation du public, etc.», explique Christian De Bock, rédacteur en
chef de la revue. Pour fêter ce 250ème numéro, Education Santé publie un
hors-série consacré à la promotion du bien-être et de la santé du cœur parmi
la population défavorisée.
Infos:
christian.debock@mc.be -
www.education-sante.be
Energie
Quand les factures
font (très) mal
Payer
ses factures de gaz, de mazout, d’électricité: la croix et la bannière pour
quantité de ménages en situation de précarité. Loin d’être une fatalité,
leurs difficultés peuvent trouver des solutions. Namur les a expérimentées
avec succès.
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© Françoise Robert |
Pour les personnes en
situation de précarité, les problèmes liés à la consommation énergétique
sont réellement vitaux. Selon Philippe Defeyt, le président du CPAS de
Namur, l’énergie et l’eau consommées dans le logement représentent jusqu’à
10% du budget global des 20% des ménages situés en bas de l’échelle des
revenus. Chez les ménages très précarisés et mal lotis sur le plan
énergétique, cela peut grimper jusqu’à 15% des dépenses. Pour expliquer une
telle fragilité, les travailleurs sociaux avancent plusieurs explications.
Parmi celles-ci, le fait que les modes de tarification sont en général
défavorables aux petits revenus. Le prix du mazout n’est-il pas inférieur en
cas de commandes en grande quantité? Une autre explication est avancée. Le
mode de fixation du montant des factures intermédiaires et le retard souvent
constaté dans les relevés de régularisation font que beaucoup de personnes
se retrouvent confrontées à des régularisations onéreuses ou, ce qui n’est
pas mieux, dans une situation inverse: avoir payé de trop lourdes factures
mensuelles pendant toute une année. Enfin, souvent locataires, les gens à
petits revenus ont rarement intérêt à réaliser des investissements qui, en
réalité, vont souvent profiter à leur propriétaire.
Le CPAS de Namur estime
que les différents dispositifs censés alléger la facture des personnes à bas
revenus (réduction en vertu du fonds Mazout, recours au fonds Energie, tarif
social, compteur à budget, aides spécifiques des CPAS, etc.) ne sont que
partiellement efficaces. En tout cas, ils réussissent rarement à alléger
sensiblement la facture et à réduire la consommation des personnes
concernées. Au-delà de ces aides financières et de la distribution de
brochures “que peu de gens lisent ou regardent”, le Centre prône des
approches de sensibilisation, d’animation et d’accompagnement inscrites dans
la durée, condition indispensable pour améliorer le confort thermique des
gens mais aussi pour créer de nouveaux liens sociaux et devenir
“culturellement contagieuses”.
Des exemples? Primo, la
“traque aux énergivores”, un projet expérimenté avec succès à Profondeville
et à Namur-ville. Il consiste à accompagner de petits groupes d’adultes dans
leur réflexion et leurs pratiques de consommation d’énergie et, ensuite, les
aider financièrement pour la réalisation d’un audit énergétique simplifié de
leur logement et l’achat de micro-investissements économiseurs d’énergie :
un suivi étalé sur de longs mois. Secundo, le recours à des tuteurs énergie.
Au-delà du règlement des (nombreux) conflits avec les fournisseurs
d’énergie, ceux-ci concentrent leur action sur les changements de
comportements et une meilleure utilisation des équipements.
Les responsables de la
cellule énergie du CPAS de Namur en appellent à multiplier les expériences
de ce type, non sans pointer d’autres nécessités structurelles. Encadrer
plus fermement les pratiques des distributeurs et fournisseurs d’énergie.
Rénover avec plus d’ambition l’ensemble des logements sociaux. Ou encore
installer une tarification énergétique proportionnelle à la consommation.
Autant de pistes qui nécessitent un certain courage politique.
Ph.L
Jeunes
Tanguy aimerait tant
s’en aller….
Les
associations de parents de l’Enseignement catholique ont voulu en savoir un
peu plus sur ce qui se cache derrière le phénomène des “Tanguy”, ces jeunes
adultes qui restent chez leurs parents de plus en plus longtemps après
leurs études. Choix ou nécessité?
Depuis le film du même
nom, réalisé par Etienne Chatiliez en 2001, Tanguy n’est plus un prénom
comme les autres. Il est devenu, dans le langage courant, le synonyme de ces
jeunes qui restent de plus en plus longtemps sous le toit parental, soit
parce qu’ils sont aux études prolongées, soit parce qu’ils débutent leur vie
professionnelle tout en continuant à vivre chez leurs parents. L’UFAPEC,
l’Union des fédérations des associations de parents de l’enseignement
catholique a voulu savoir ce qui se cache derrière cette expression devenue
un tantinet péjorative. Elle a donc confié une étude à une sociologue,
Marie-Noëlle Tenaerts, qui est arrivée à la conclusion que Tanguy est le
reflet d’une réalité à part entière qui plonge ses racines dans un contexte
socio-économique, socioculturel, mais aussi politique bien particulier. «Les
jeunes adultes sont confrontés à des difficultés nouvelles qui les
contraignent à rester dans un statut d’«entre deux»: ni encore adolescent,
ni réellement adulte», explique-t-elle.
L’amour
des diplômes?
L’étude met un peu à mal
cette conviction largement partagée en Belgique (et plus qu’ailleurs dans
l’Union européenne, semble-t-il) selon laquelle l’accumulation de diplômes
(«leur cumul est de plus en plus impressionnant», relève l’auteure),
constitue une planche de salut pour décrocher un emploi. Même si cela reste
en partie vrai, reconnaît-elle, il ne s’agit plus d’une voie royale pour
dénicher un emploi stable et non précaire. Les jeunes le savent et, plus ils
sont conscients que les chances de trouver rapidement un emploi stable
s’amenuisent, plus ils ont tendance à poursuivre leurs études et à reporter
à plus tard le passage au statut d’adulte, qui passe notamment par une vie
autonome (l’installation en couple se fait toujours plus tard: actuellement
à 26-27 ans). Cela n’empêche pas les jeunes de continuer à souhaiter
ardemment leur indépendance, mais «la société les rappelle à l’ordre en
brandissant des taux de chômage toujours plus alarmants.» Ce n’est pas leur
seul problème: ils doivent également faire face à la hausse des prix
immobiliers, ce frein puissant à leur départ du domicile familial, mais
aussi à des «politiques d’insertion socioprofessionnelle qui s’avèrent
davantage curatives que réellement préventives».
Le
chômage frappe dur
Par rapport à ces
tendances, l’actualité de ces derniers mois ne porte guère à l’optimisme. On
voit, en effet, que si les prix de l’immobilier ont plutôt eu tendance à se
tasser à cause de la crise (ils ont tout de même doublé en sept ans pour une
maison d’habitation!), celle-ci reste un climat peu favorable à l’octroi de
crédits hypothécaires. Depuis les données Eurostat de juillet dernier, on
sait par ailleurs que, la crise aidant, «le taux de chômage des jeunes
augmente plus vite que le taux de chômage total» (1). Comparant plusieurs
auteurs, la sociologue constate, enfin, différentes façon de vivre le
phénomène Tanguy selon le lieu de vie et le sexe. Ainsi, les jeunes qui
vivent dans des communes reculées semblent quitter le domicile familial
plus tôt, du fait de l’éloignement par rapport aux centres universitaires
(pour les étudiants) ou aux pôles d’emploi (pour les travailleurs).
Inversement, «les loyers élevés constituent sans doute un frein au départ
des jeunes dont les parents résident dans une grande agglomération (…)».
Enfin, il semble que les jeunes hommes sont davantage tentés que les jeunes
femmes de retourner chez leurs parents du fait de leur instabilité
professionnelle, particulièrement à cause d’une expérience de chômage. Dans
ce genre de circonstances, et bien que plus exposées à la précarité, les
femmes ressentent moins le besoin de réintégrer le logis de leurs parents.
Elles ont néanmoins de plus fortes probabilités de chercher auprès d’eux un
soutien affectif ou matériel.
Ph. L.
(1) D’après un
communiqué du SPF Economie de février 2009, le nombre de chômeurs possédant
un diplôme de l’enseignement supérieur a progressé en 2008 de près de 62%,
contre une hausse de 27,6 % chez les chômeurs faiblement qualifiés et 9,3 %
chez les chômeurs ayant un niveau d’instruction moyen.
Pour
plus d’infos : UFAPEC, 010/42.00.50
Loi
antitabac:
une mort à petit feu?
19.000
fumeurs meurent chaque année en Belgique. 1.900 personnes sont victimes du
tabagisme passif, également! Le vote de la loi interdisant totalement le
tabac dans l’Horeca sera pourtant finalement repoussé en 2014.
Pour le corps médical et
les défenseurs de la Santé, c’est scandaleux! Pour les cafetiers, c’est un
soulagement… mais, trouvent-ils, à court terme! En juin dernier, le Conseil
de l’Europe avait voté une recommandation afin de protéger les citoyens
européens contre l’exposition à la fumée de tabac d’ici à 2012. La Belgique
s’était alors montrée bonne élève en annonçant en automne, par une majorité
alternative au Sénat, le vote d’une loi interdisant totalement de fumer dans
le secteur de l’Horeca dès janvier 2012. Ecolo, CDH, PS, Cd&V et SP.A
étaient favorables à cette proposition. Tandis que les Libéraux
s’abstenaient.
Il y a
serveuses et... serveuses
Argument principal de
cette mesure: tout Belge, sans aucune discrimination, doit être protégé
contre le tabagisme que ce soit sur son lieu de travail, dans les endroits
fermés publics, les transports en commun… Pourquoi une serveuse d’une
brasserie aurait-elle plus le droit de travailler dans une atmosphère saine
qu’une serveuse dans un bar?
A la grande surprise de
tous, en ce début décembre, lors du retour du texte de loi à la Chambre,
certains partis ont fait volte-face et proposent de revenir à un texte plus
nuancé: dès janvier 2010, interdiction de fumer dans les établissements de
l’Horeca, à l’exception de ceux qui n’exercent aucune activité de
restauration. La crise économique s’invite dans le débat: le PS parle de
licenciements possibles et d’une diminution du chiffre d’affaires dans ce
secteur dans le cas où une mesure trop rigide serait prise.
Des
exemples probants
Or, le profit des
restaurants n’a pas diminué depuis l’entrée en vigueur de la loi visant
l’interdiction de fumer dans ces lieux. C’est ce que confirment les
statistiques réalisées par le SPF Economie. D’autres pays, comme le
Royaume-Uni et l’Irlande, ont déjà suivi à la lettre les recommandations
européennes et aucune baisse de profit ni aucun licenciement n’a été observé
dans le secteur de la restauration et des cafés. Que du contraire quand on
observe les bénéfices de ce secteur dans les pays Outre-Manche. En Belgique,
le match “Santé vs Emploi” a pourtant été remporté par le volet économique
sur le ring de la Chambre.
Un compromis à la belge
a été trouvé: PS, CDH, CD&V et les Libéraux ont voté en faveur d’une
interdiction partielle dès 2010, uniquement dans les endroits où de la
nourriture est servie. Exit le tabac dans tout l’Horeca seulement pour 2014!
V.T.
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