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Échos de l'actualité sociale et de la santé (3 décembre 2009)



 

Economie sociale

Des distinctions qui font peau neuve

Ils ou elles s’appellent “EFT”, “AFT”, “EI”, etc.  Sans oublier les “ETA”, les “ILDE” ou les “SFS”. Guère enthousiasmant pour le grand public? C’est vrai. Pourtant, derrière ces appellations un peu rébarbatives se cachent des entreprises d’économie sociale qui font vivre ou revivre des milliers de personnes exclues ou fragilisées sur le marché de l’emploi.

Les “Entreprises et Ateliers de formation par le travail”, les “Entreprises d’insertion” et autres “Entreprises de travail adapté” procurent du travail à environ 100.000 équivalents temps plein en Wallonie et à Bruxelles. Elles sont près de 3.500 dans la partie francophone du pays à promouvoir une activité économique tournée vers la collectivité plutôt que vers l’enrichissement d’individus, et axée sur l’autonomie de ses membres et leur participation aux prises de décision. Leurs champs d’activités sont nombreux: nettoyage, récupération, finance alternative, éco-construction, rénovation de bâtiments, accueil de la petite enfance, énergies renouvelables, transport, etc.

Chaque année,  associés à des partenaires financiers ou des entreprises, les professionnels du secteur remettent leurs distinctions, connues sous l’appellation “Prix Roger Vanthournout”, du nom de ce prêtre ouvrier maçon à Charleroi, très actif dans les années septante et quatre-vingt. Il fut l’un des principaux précurseurs des entreprises de formation par le travail. Cette année, pour sa dix-septième édition, un vent de fraîcheur souffle sur cette distinction. Exit, le prix Roger Vanthournout, dorénavant remplacé par l’appellation jugée “plus percutante” du “Prix de l’Economie sociale”. Son objectif: améliorer la notoriété de ce secteur en donnant un coup de projecteur aux entreprises qui s’illustrent particulièrement par leur pertinence et leur recherche d’innovation.

Dans la catégorie des entreprises confirmées, le choix du jury s’est porté  sur la société coopérative à finalité sociale Murmuur, active dans le secteur du bâtiment à Anderlecht. Elle offre des formations et des perspectives de travail à des publics fragilisés, encadrés par des ouvriers qualifiés, tournées notamment vers des techniques spéciales de peinture en bâtiments. Par son implantation locale, Murmuur contribue à donner au quartier concerné (Cureghem) une image plus valorisante aux yeux des habitants. En Wallonie, c’est Relogeas, une association de promotion du logement, qui a été retenue par le jury. Elle vise à venir en aide aux stagiaires suivant une formation dans les entreprises de formation par le travail qui, trop souvent, abandonnent celle-ci faute d’un logement décent pour les accueillir. Relogeas possède 25 logements à loyer modéré et 15 autres sont en projet.

Dans la catégorie “Jeune entreprise d’insertion”, le jury a récompensé La Ressourcerie Namuroise, une société coopérative à finalité sociale qui gère surtout les déchets encombrants.  Elle possède un centre de collecte  et de tri, de même qu’un magasin de seconde main connu sous l’enseigne “Ravik Boutik”. Enfin, trois mentions spéciales ont été accordées. L’un à la Maison médicale de Forest (Bruxelles) qui, via son staff pluridisciplinaire, propose à son public précarisé une inscription forfaitaire pour bénéficier des soins de santé, de même qu’un “accueil efficace et équitable”. L’autre à l’entreprise de formation par le travail “Chantier”, à Charleroi pour son projet de crèche “Les P’tits loups”. Celle-ci est destinée à devenir un lieu d’accueil pour les enfants des stagiaires en train de suivre les formations dispensées par l’entreprise (bâtiment, vente et service aux personnes et petite enfance).  La dernière mention spéciale va à Renov’Eco, une société coopérative à finalité sociale à Daussoulx spécialisée dans l’éco-rénovation. Ce sont “l’originalité et la pertinence” du service offert qui ont retenu l’attention du jury. Renov’Eco, en effet, veut se positionner à la pointe des nouvelles techniques d’isolation via une cellule spécifiquement dédiée aux travaux d’isolation écologique.

PhL

Infos: www.prixdeleconomiesociale.be


 

Prématurés

De la naissance à l’école

Naître trop tôt” est un livre qui s’adresse aux parents et aux futurs parents. 6% des enfants naissent prématurément. Ils risquent plus de présenter des problèmes de développement que ceux nés à terme. Plus l’âge gestationnel est bas, plus les répercussions sont élevées. Malgré les progrès considérables de la médecine, la prématurité connaît un regain de fréquence. Le lecteur va suivre Yanis, un petit être qui va vivre l’expérience d’une naissance prématurée avec son cortège de soins plus ou moins inquiétants et parfois traumatisants. Les auteurs de ce livre, docteurs en médecine et en psychologie, ont souhaité un abord qui mette en scène la vie, sa richesse, ses espérances, sans oublier la souffrance de ceux qui prennent des chemins de traverse. Témoignages poignants, éclairages pour les familles et les soignants qui sont confrontés à la prématurité…, cet ouvrage de vulgarisation brosse les différentes étapes de la vie du bébé né trop tôt: du ventre de sa maman à son entrée à l’école.

 

Naître trop tôt par Serge Dalla Piazza et Paul-Jacques Lamotte.

Ed.De Boeck, 105 p. 12,50 EUR


 

Le temps passe,

pas le SIDA!

Trois nouveaux cas de SIDA sont découverts par jour en Belgique. Cette maladie ne cesse de s’étendre en Europe. Malgré les efforts des campagnes de prévention, le préservatif n’est pas encore devenu un réflexe pour se protéger.

La Plateforme Prévention SIDA tape encore une fois sur le clou: il est important de se protéger lors de rapports sexuels dits “à risques”. En plus de la méconnaissance de certains individus sur le sujet, la gêne et les tabous sur le préservatif poussent certaines personnes à prendre des risques dans leurs relations avec leur partenaire.

La campagne «Le préservatif. Parlez-en comme vous voulez mais parlez-en.» démystifiait ce petit bout de latex qui peut parfois se mettre en travers d’un couple. Accrocheuse et tournée vers les jeunes, cette publicité a reçu, en novembre dernier, le prix de l’une des “meilleures campagnes européennes de prévention du SIDA”.

Des stéréotypes et des idées fausses circulent encore sur la transmission du virus. S’échanger des baisers sur la bouche, partager les mêmes toilettes, se faire piquer par des moustiques… ne sont pas des vecteurs de la maladie. Ces légendes continuent de mettre au ban les malades. Les campagnes veulent également clarifier les modes de contamination afin de réduire les rejets que peuvent subir les séropositifs dans leur vie quotidienne.

Sensibiliser la population sur la problématique, faire changer son comportement, faire disparaître les préjugés et les discriminations que les malades subissent…, la Plateforme Prévention SIDA travaille dans ce sens toute l’année.

V T

Infos: www.preventionsida.org


 

Accro à internet

et aux jeux vidéo ?

L’Institut wallon pour la Santé Mentale a mené une étude sur l’usage problématique d’internet et des jeux vidéo. Les conclusions de ce travail vont être publiées bientôt. A partir de quand l’utilisation des technologies de l’Information et de la Communication (TIC) pose-t-elle question?

@ Laurent Caro/Belpress

A l’heure actuelle, les TIC sont omniprésentes et redéfinissent les rapports sociaux. Nous sommes joignables partout et tout le temps. Une immédiateté et une proximité qui changent les comportements des personnes vivant avec internet, le GSM, les jeux vidéo… La frontière entre le réel et le virtuel s’amincit également. Combien de personnes se mettent-elles, au travers de la toile, dans la peau de personnages fictifs en s’inventant une nouvelle identité?

L’étude menée par l’Institut wallon pour la Santé Mentale tente de définir ce qu’est la “cyberdépendance” dans le contexte actuel. Sans cataloguer négativement tous les usages d’internet, les conclusions de cette recherche se penchent sur les manières problématiques d’utiliser les TIC: comportement incontrôlable, retombées sur la vie affective, financière et familiale… Car il ne faut pas croire que passer un grand nombre d’heures devant l’écran ou sur un jeu entraîne automatiquement une dépendance. Ce qui est révélateur, c’est l’apparition de symptômes de sevrage: l’internaute ou le joueur devient très irritable, est d’humeur dépressive lorsqu’il s’arrête de jouer; surfer sur internet devient une obsession…

Des recommandations ont vu le jour suite à cette étude. Elles montrent qu’il ne faut pas considérer négativement toutes les utilisations des TIC. Les jeunes ne sont pas les seuls acteurs dans les situations problématiques; il ne faut donc pas stigmatiser certaines catégories sociales. Il est important de tenir compte du contexte de vie, de l’environnement de la personne qui aurait un usage problématique des TIC. Ces conclusions clarifient également la terminologie et recommandent de parler d’“usages problématiques des TIC” plutôt que de “cyberdépendance”.

V T

Infos: 081/23.50.15 - www.iwsm.be

 


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