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Échos de l'actualité sociale et de la santé ( 19 novembre 2009)



 

Violences conjugales contre les femmes.

Et les enfants?

Le 25 novembre, c’est la Journée pour éliminer les violences contre les femmes. Une femme sur cinq en est victime. Ces actes ont une répercussion directe sur leur entourage, et particulièrement sur leurs enfants.

«Le trèfle à quatre feuilles, c’est pour faire un vœu: que tout le monde se dispute plus (…)», confie Tim, six ans. Entre le réel et l’imaginaire, les enfants qui vivent dans les conflits conjugaux s’expriment sur leur quotidien, souvent difficile. Habitués à connaître cris et coups, ces jeunes grandissent dans un climat tendu. Marie-Christine Romignot, intervenante en milieu d’hébergement pour victimes de violences conjugales et Marianne Romus, Docteur en psychologie, indiquent que ces vécus marquent à jamais l’identité et la vie adulte de ces enfants. (1)

Comment grandir, se construire dans un climat angoissant? Cauchemars, souffrances, abandon…: ces enfants sont la proie de la violence de leur père, souvent pointé comme l’agresseur. Impuissants face à la souffrance de leur mère, garçons et filles deviennent également des victimes, prennent des coups et encaissent les injures. Ils n’ont plus personne pour les défendre.

Souvent tue à l’école ou dans l’entourage, cette violence est honteuse aux yeux des enfants. Naît alors un sentiment de culpabilité dans leur chef. Ils s’en veulent de ne pas pouvoir intervenir dans la relation conflictuelle de leurs parents. Ils reportent alors cette violence dans les rapports qu’ils ont avec les autres: à l’école, dans leurs activités… Un suivi et une écoute thérapeutique s’imposent pour ces jeunes dont le quotidien n’est que violence.

Dans l’ouvrage “Enfance et violence conjugale”, certains témoignages sont poignants et crus. Les violences conjugales peuvent-elles être racontées avec des mots d’enfants? L’éclairage que ceux-ci apportent sur ces violences permet de mieux comprendre leur réalité quotidienne.

Virginie Tiberghien

 

Enfance et violence conjugale (Histoire), par Marianne Romus et Marie-Christine Romignot. Ed. Academia Bruylant, 158 p. 18,40 EUR.


 

Prison

Carnets de visite ordinaire

80visiteurs de prison, précieux espoirs de réinsertion pour les détenus, livrent un témoignage bouleversant sur les conditions de vie carcérale en Belgique. Et sur un système d’enfermement devenu largement dépassé.

Il fut un temps où, avec la régularité d’un métronome, les prisons se rappelaient au souvenir de l’opinion publique uniquement lors des “coups de chauffe” estivaux, lorsque l’enfermement y est le plus pénible à vivre par les détenus. Cette année-ci, pas un mois ne se passe sans qu’elles alimentent la chronique: évasions rocambolesques, surpopulation, grèves des gardiens, envoi de détenus aux Pays-Bas, libérations conditionnelles qui tournent mal (rares et surmédiatisées), projets de construction de nouvelles infrastructures, etc.

Pour un peu, l’homme de la rue en oublierait presque ce qui fait la réalité quotidienne des 10.000 détenus relégués dans les maisons d’arrêt, maisons de peine et autres centres pénitentiaires du pays. Pour l’envisager avec pertinence et humanité, les visiteurs de prisonniers constituent des témoins privilégiés, dont la voix mériterait d’être écoutée davantage. Travailleurs de l’ombre, jamais placés sous les projecteurs, ils n’en fréquentent pas moins de très près les rouages de la machine d’enfermement et ses acteurs.

En 2007 et 2008, quatre-vingt d’entre eux ont accepté de répondre à une batterie de questions sur leur travail et la vie pénitentiaire, à Bruxelles et au sud du pays. L’attitude de ces visiteurs consiste à écouter, sans a priori ni jugement, tout ce qui vient des détenus. Accepter la parole libre et tenter de comprendre. «Recevoir en silence et sans réagir les révoltes, les colères et la douleur de ceux qui ne savent plus les communiquer», résume Réginald de Béco, avocat pénaliste au barreau de Bruxelles, président de la Commission “prisons” de la Ligue des Droits de l’homme et auteur de la préface de ce petit livre bien dense compilant leurs témoignages.

Au fil de ces pages bouleversantes, on devine le type de liens qui se tissent, petit à petit, entre les détenus et ces compagnons extérieurs, venus pour tout entendre – la vérité comme le mensonge – et prêts à accepter la marque de confiance comme la trahison.

L’ouvrage se présente comme une compilation (par thèmes) de 80 impressions et analyses personnelles. Il est émaillé d’extraits de récits personnels, souvent poignants, comme cette journée de libération conditionnelle – plutôt mémorable – vécue par une détenue accompagnée de sa visiteuse. L’ouvrage est bien équilibré, mettant également en valeur les petites marques d’humanité exercées par le personnel à l’égard des détenus. Mais il ne fait pas dans la dentelle lorsqu’il analyse, fort de ces témoignages directs, les conditions carcérales («destructrices pour les détenus», «indignes de notre époque et de notre culture»), le sentiment de protection de la population belge («une illusion») ou la condition des 16.000 détenus libérés chaque année («trop souvent dans un grave délabrement physique, social et moral»). Dur, accablant, mais éclairant. Un incitant aux inévitables réformes?

Ph.L.

 

“La vie en prison, 80 visiteurs témoignent” Couleurs livres ASBL 11 EUR. Infos: 071/32 63 22 ou couleurlivres@skynet.be


 

Télé-accueil

L’écoute, une arme pacifique

"Je n’en peux plus, je veux parler à quelqu’un…» A l’autre bout de la ligne, depuis cinquante ans, des bénévoles formés à l’écoute téléphonique veillent. Un “boulot” pas comme les autres, qui ne cesse d’évoluer avec son temps...

@ Philippe Turpin BELPRESS

C’était en 1959. Une poignée de cinq pionniers créent, à Bruxelles, le service Télé-accueil, destiné (au lendemain de l’Expo universelle) à répondre aux besoins des personnes “perdues dans la ville moderne”. Cinquante ans plus tard, l’offre d’écoute téléphonique est toujours bien vivante, plus utile que jamais. Chaque jour, des dizaines de personnes seules, perdues, en mal de dialogue et d’écoute empathique, contactent le 107 et des services comme SOS Solitude pour partager leurs difficulté de vivre. «L’essence de nos activités n’a pas changé, explique Véronique Van Espen, directrice de Télé-accueil Bruxelles. L’outil principal reste l’appel téléphonique gratuit et l’écoute est assurée vingt-quatre heures sur vingt-quatre par des bénévoles dûment formés à cette relation d’aide très particulière.»

Pourtant, le type de travail a mué, principalement en raison de l’évolution des problèmes soumis aux écoutants (Sida, pédophilie, etc.). Autre évolution notable: si l’essentiel des appelants occupe toujours la tranche d’âge des 40-60 ans, l’autre bout de la ligne est de plus en plus occupé par des jeunes, mais aussi par des femmes issues de la seconde génération de l’immigration qui, «acceptant de délaisser certains codes de silence et de discrétion liés à leur culture, courent le risque de vivre un sentiment de trahison de celle-ci». Enfin, dernière innovation: en 2003, Télé-accueil Bruxelles a ouvert un chat, inaugurant une nouvelle façon d’entrer en contact avec l’“écoutant”. «Pour certains appelants, l’expression orale reste trop difficile, souligne Véronique Van Espen. Comme avec le téléphone, nos écoutants apprennent à déceler ce qui figure entre les lignes de l’appel: les débits, les respirations, les silences… Tout cela – sans parler des émoticônes! – est un langage propre qui exige une formation poussée chez nos bénévoles».

Chez SOS solitude, qui propose le même type de service téléphonique (mais uniquement en semaine de 9 à 18 heures), on insiste sur la qualité de l’écoute nécessaire: «Chaque bénévole bénéficie d’une supervision de deux heures tous les quinze jours, souligne Anne Destrée, coordinatrice. C’est très important car, si l’écoute se passe bien, elle peut agir comme un incitant à faire d’autres démarches ultérieurement pour quitter la solitude.»

Ces services de télé-écoute éprouvent un besoin constant de nouveaux bénévoles pour épauler leurs équipes. Mais, vu l’enrichissement personnel fourni par ces formations continuées, ils rechignent de plus en plus à lancer de simples et classiques appels aux bénévoles au profit de messages plus valorisants: «Soyez écoutants chez nous: vous bénéficierez d’un enrichissement personnel et d’une ouverture d’esprit sur le vécu de publics très différents». Tout en soulignant que l’écoute, souvent pratiquée par des gens déjà très occupés, est un engagement, pas un loisir.

Ph.L.

 

SOS Solitude: ligne d’appel 02/548 98 08. Ligne de candidature pour l’écoute: 02/548 98 00.

Télé-accueil: ligne d’appel gratuite (y compris depuis un GSM) former

le 107. Ligne de candidature pour l’écoute: 02/538 49 21 ou www.tele-accueil.be

Et aussi: Ecoute Enfants, former le 103 et SOS Suicide 0800 32 123 (numéros gratuits).


 

Surendettement

Tuons les sirènes du crédit

La journée sans crédit aura lieu le 28 novembre dans un contexte particulièrement brûlant. Le public précarisé par la crise est de plus en plus sollicité par des formules de crédit censées les sortir de la dèche. Mais, au bout du compte, ces formules les précipitent toujours plus bas.

Alerte générale! Les associations membres de la plate-forme “Journée sans crédit” (Equipes populaires, Réseau financement alternatif, Réseau de lutte contre la pauvreté, les syndicats, etc.) tirent la sonnette d’alarme. Les règlements collectifs de dettes ont crû de 9% pendant l’année écoulée. Les personnes qui font appel aux médiateurs de dettes ne cessent d’augmenter également. En fait, avec la précarisation des revenus et du marché de l’emploi, les sirènes du crédit sont de plus en plus séduisantes auprès du grand public. Leur but est clair: faire croire que la baisse des revenus peut être compensée par le crédit. «Certains organismes peu scrupuleux surfent même sur la vague de morosité ambiante pour présenter des formules de crédit et de regroupement de crédits comme solutions miracles pour boucler les fins de mois difficiles».

Pour ces associations, le problème numéro 1 est la banalisation du crédit comme levier de relance de la croissance économique. Ce phénomène se traduit notamment par le démarchage de rue pour des crédits, avec cadeaux et promesses à la clé. Illégal? Non, en général. Mais «l’octroi d’un crédit dans de telles conditions est contraire à l’esprit de la législation. Celle-ci impose strictement au prêteur un devoir de conseil et d’information».

Pour cette journée nationale sans crédit (le 28 novembre), la plate-forme reprend au mot les concepteurs d’une récente campagne publicitaire radio sur l’utilisation des cartes de crédit, mais en tournant en dérision leur slogan. Il y a quelques mois, Visa avait prôné l’utilisation d’une carte de crédit le plus souvent possible, “même  pour payer ses bananes”. La journée du 28 sera donc symbolisée par une banane saucissonnée par une lame de rasoir. Elle sera l’occasion d’une distribution de calendriers de poche, de sacs de courses, de ballons et d’affiches lors d’animations dans les rues des principales villes du pays. Seront particulièrement visés, cette année, les jeunes de 18 à 30 ans, du fait qu’ils doivent faire face à de nouvelles dépenses (loyer, meubles, voiture, etc.) sans pour autant disposer de ressources financières stables. Les prêts hypothécaires sur trente ans ne se multiplient-ils pas à l’envi dans cette tranche d’âge?

Les peaux de banane glissées sous les pieds du Roi Crédit par la plateforme ne se limitent pas à cela. Elle réclame la plus grande vigilance des mandataires politiques lors de la transposition de la Directive européenne “Crédit” dans le droit belge. Elle revendique aussi l’interdiction du démarchage de rue pour le crédit et l’amélioration du fonctionnement de la Centrale des crédits aux particuliers, notamment par la mise en place du Fichier des saisies.  Et de taper sur le clou: le public fragilisé n’est pas le seul à devoir être informé des pièges du crédit trompeur. Le consommateur “moyen” est tout aussi concerné. A bon entendeur…

Ph.L.

 

Infos: Equipes populaires (secrétariat de la plate-forme Journée sans crédit) - 081/73.40.86 ou www.e-p.be

www.journeesancrédit.be 


 

De jeunes ados

expérimentent “Kilokiri”

"Le plus chouette dans ce projet, c’est de se faire de nouveaux amis”. Et les amitiés sont visibles à la fin du séjour Kilokiri de novembre. C’est la deuxième fois que cette quinzaine d’ados passent quelques jours ensemble.

@ Catherine Daloze

Ils ont tissé des liens depuis le mois d’août, lors de leur première semaine en groupe, et regrettent déjà de se quitter une nouvelle fois. C’est qu’ils viennent de divers coins de Wallonie et de Bruxelles. Ce qui les rassemble? Un même âge et d’embêtants kilos. Ils ont en effet entre douze et quatorze ans et sont en surpoids. Entourés par une équipe d’animation de Jeunesse & Santé, ils ont participé à des ateliers alimentation et d’autres activités pour bouger en s’amusant, pour se découvrir des talents. Surtout ils ont retrouvé le plaisir d’être en groupe sans être stigmatisés au regard de leur poids. «Ici pas question de régime, de bourrage de crâne ou d’efforts intensifs, l’idée est de passer des bons moments ensemble», indique J&S. Et c’est leur image d’eux-mêmes qui en profite. Bien entendu, l’alimentation tient une place importante dans le séjour, comme en filigrane. Ensemble, ils découvrent et élaborent les menus avec une attention particulière à ce qu’ils soient équilibrés et goûteux. Ils expérimentent quelques gestes utiles comme boire un verre d’eau avant de manger, comme faire une pause avant de se resservir… Avec leurs parents conviés en fin de séjour, ils réfléchissent à la question: «pourquoi, est-ce que je mange?» Par ennui, par envie, par plaisir, par habitude, pour prendre de la place, pour me calmer…? Et forts de leur expérience avec Kilokiri, ils peuvent s’aventurer en famille sur le terrain du «Comment y répondre autrement qu’en mangeant?»

CD

Infos: Jeunesse & Santé – 02/246.49.81 – j&s@mc.be


 

Action Vivre ensemble

La solidarité : un pas en Avent!

Avec ce slogan en forme de jeu de mots, Action Vivre Ensemble veut rappeler que la période qui précède Noël et ses réjouissances est un moment où la solidarité est particulièrement importante.

Les fêtes de fin d’année approchent à grands pas. Déjà, les vitrines et rayons des magasins se parent de décorations de Noël. Bientôt, les illuminations de fête éclaireront rues et maisons. Pour les chrétiens, les quatre semaines précédant la fête de Noël correspondent à l’Avent. Avent, du latin adventus signifie venue, arrivée. Il désigne donc le temps de préparation à la célébration de la naissance de Jésus. Symbolisé principalement par la lumière et les bougies, ce temps est aussi un moment fort de sensibilisation aux causes de l’exclusion sociale et d’engagement avec les démunis.

Comme chaque année, pour cheminer vers Noël, Action Vivre Ensemble propose des pistes pour préparer et animer les célébrations de l’Avent qui débutent le dimanche 29 novembre. Plusieurs outils sont disponibles: un conte pour enfants, des chants, des textes de méditation et un dossier intitulé: “Soins de santé: re-choisir la solidarité” (1). Notre système de soins de santé solidaire est en effet au cœur de la campagne 2009 d’Action Vivre Ensemble.

Cette campagne de sensibilisation se double d’une campagne de récolte de fonds. Les sommes recueillies auprès du grand public (2) et dans les paroisses le WE des 12 et 13 décembre sont destinées à soutenir 86 projets de lutte contre l’exclusion sociale en Wallonie et à Bruxelles (3). Cette année, la promotion de la santé au sens le plus large constitue le fil conducteur des projets sélectionnés. Des cours de cuisine pour des repas pas chers et équilibrés, un restaurant social, des infirmiers de rue, des jardins solidaires, une école de devoirs, un bar à soupe, des entreprises de formation par le travail, des projets communautaires en maisons médicales, un projet de défense du droit au logement... Tous les projets et associations soutenus visent à redonner espoir aux personnes en situation de pauvreté, à leur redonner prise sur leur propre vie et sur leur environnement (4).

JD

(1) Document de 36 pages disponible au prix de 5 euros auprès de l’asbl. Rens.: 02/227.66.80 - action.vivre.ensemble@entraide.be

(2) Vous pouvez verser votre don sur le compte n° 068-2000009-90 de l’Action Vivre Ensemble. Une attestation pour l’exonération fiscale sera délivrée pour tout don égal ou supérieur à 30 euros.

(3) Les initiatives soutenues par Action Vivre Ensemble dans chaque région sont présentées sur le site www.entraide.be 

(4) Pour soutenir la récolte de fonds, Action Vivre Ensemble a réalisé un court DVD qui montre comment sont choisis les projets, à quoi sert l’argent récolté, comment les volontaires se mobilisent dans les paroisses pour faire vivre la solidarité durant l’Avent. Rens.: 02/227.66.80.


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