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Échos de l'actualité sociale et de la santé ( 18 décembre 2008)



 

Accéder au logement

Un parcours semé d’embûches

pour les personnes handicapées

Pendant deux ans, Altéo, mouvement social qui défend les droits des personnes handicapées (anciennement ACIH-AAM) a mené une enquête sur l’accès au logement des personnes moins valides. Il en résulte qu’accéder à un logement est un parcours semé d’embûches. Etat des lieux.

Tout commence par la recherche du bien à louer ou à acheter. Consulter les annonces sur papier et sur le web(1), se rendre sur place pour visiter les logements : autant de démarches qui nécessitent un accompagnement quand on est une personne limitée dans ses mouvements ou dans ses capacités visuelles. Une fois trouvé le logis idéal, la question financière n’est pas des moindres. Le propriétaire rechigne parfois à accepter un locataire dont le revenu constitué d’allocations sociales est insaisissable. Le banquier est souvent tout aussi réticent à accorder un prêt. Pourtant, la loi anti-discrimination du 10 mai 2007 s’applique dans ces 2 cas.

Hormis si le logement est parfaitement adapté à son handicap, ce qui est plutôt rare, il faut bien sûr continuer à se battre. Portes trop étroites, pente trop raide, compteur électrique trop haut nécessitent quelques aménagements dont les coûts sont élevés.

En toile de fond, Altéo asbl dresse un constat sur le logement qui va bien au-delà des besoins des personnes malades ou handicapées. Dans un parcours de vie, l’âge ou la venue d’un handicap change radicalement la façon d’habiter son logement. Les quelques marches astreignent la personne âgée à habiter au rez-de-chaussée. Les volets manuels ne s’ouvrent plus avec autant de facilité.

Si tous les nouveaux logements étaient construits pour être modifiables à moindre coût pour une personne en situation de perte de mobilité, voilà qui serait bénéfique pour tous. Non, ceci n’est pas un rêve inaccessible! En France, les associations de personnes handicapées ont ainsi obtenu que dans toutes les nouvelles constructions, les balcons soient d’emblée rendus accessibles. Et ce, dès janvier 2009. Faut-il rappeler d’ailleurs que la Convention des Nations-Unies relative aux droits des personnes handicapées reconnait leur droit  à un logement adéquat? Ouverte à signature depuis mars 2007, cette convention n’a toujours pas été ratifiée par la Belgique, ce que regrette amèrement Altéo qui avance par ailleurs de nombreuses propositions pour rendre accessibles les logements aux personnes handicapées.

Laurence Biron

 

(1) Cfr la campagne d’Altéo sur l’accessibilité web sur www.willyontheweb.be

 

Pour en savoir plus, contactez Altéo au 02/246.42.26. ou surfez sur www.alteoasbl.be


 

Un accord médico-mutualiste

pour 2009-2010

Après de longues et difficiles négociations, les médecins et les mutualités viennent de conclure un accord pour les années 2009 et 2010. La Mutualité chrétienne se réjouit de l’issue positive des négociations.

L’accord médico-mutualiste fixe tout d’abord les honoraires des médecins pour 2009 et 2010. Les honoraires seront ainsi indexés de 4,32 % mais les remboursements le seront également afin que l’indexation n’ait pas d’impact sur les patients.

L’accord prévoit également de porter l’indemnité versée au médecin pour la gestion du Dossier médical global (DMG) de 25,67 euros à 27,50 euros. Ce montant est intégralement remboursé par la mutualité et le patient ne verra donc aucune différence.

Par ailleurs, représentants des médecins et mutualités se sont engagés à encourager la prévention. Pour ce faire, les honoraires versés au médecin généraliste qui a ouvert un DMG pour son patient seront augmentés de 10 euros lorsque le médecin convient avec son patient de réaliser un certain nombre d’actes de prévention. Cette mesure veut promouvoir un mode de vie sain, les vaccinations et encourager le dépistage précoce de certaines maladies. Le patient y sera pour sa part encouragé par une diminution supplémentaire de sa quote-part personnelle (1). Les modalités pratiques de cette proposition devront encore être finalisées dans le courant de l’année 2009.

Une autre réalisation importante qui a pu voir le jour sur proposition de la MC concerne la diminution de la quote-part personnelle du patient dans le cas d’une visite du médecin généraliste au domicile d’un enfant malade. Ce montant s’élève actuellement à 11 euros, ce qui est trop élevé. C’est la raison pour laquelle il sera réduit à un montant représentant maximum deux fois le montant de la quote-part pour une consultation chez le médecin généraliste (2 x 3,98 euros pour un patient sans statut BIM).

Enfin, la MC a particulièrement plaidé, lors des négociations, pour plus de clarté quant à l’application des tarifs négociés. La plupart des médecins respectent ces tarifs pour leurs consultations, leurs visites et leurs prestations techniques. Certains médecins, surtout parmi les spécialistes, n’adhèrent que partiellement à l’accord parce qu’ils souhaitent percevoir des honoraires plus élevés lors de certaines heures ou certains jours. A ce propos, les règles en vigueur étaient jusqu’ici très peu claires. Elles sont aujourd’hui décrites de façon plus précise et le patient est ainsi davantage protégé. Les prestataires de soins partiellement conventionnés ne pourront désormais appliquer des tarifs hors convention que durant deux demi-jours par semaine.

La MC estime que ce nouvel accord médico-mutualiste permet, tant pour les médecins que pour les patients, de réelles avancées. La sécurité tarifaire pour les deux ans à venir en est l’un des avantages les plus importants.

 

(1) Il s’agit de la quote-part payée par le patient au tarif de la convention.


 

Japon

Des capteurs pour veiller sur les personnes âgées

Un groupe d’électronique japonais, rapporte l’Agence France Presse, va tester durant deux mois un dispositif de surveillance à distance de personnes âgées vivant seules, grâce à de multiples capteurs dispersés dans leur domicile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les progrès de la gérontologie ne résolvent pas

les problèmes de solitude des personnes âgées.

 

Mitsubishi Electric, NTT Communications et Anzen Center prévoient d’installer chez des seniors volontaires, des capteurs, caméras et étiquettes d’identification électroniques sur les portes, fenêtres, réfrigérateurs, téléviseurs, clefs et autres équipements domestiques. Ces capteurs, reliés par une liaison internet sécurisée à un centre de surveillance, permettront un suivi «bienveillant» de ces personnes âgées. Par exemple, si dans un laps de temps défini, aucune activité n’est détectée dans la maison sous surveillance, un signal sonore retentira sur place pour faire réagir la personne.

Si malgré cette alerte aucun mouvement n’est perçu par la batterie de capteurs et autres mouchards, le centre de contrôle prend l’affaire en main et téléphone au domicile de la personne pour prendre de ses nouvelles. De la même façon, le système s’inquiétera si un capteur est sollicité de façon anormale (par exemple si la porte du réfrigérateur reste ouverte pendant une heure, si le robinet de la salle de bain est inerte depuis deux jours ou la télévision reste allumée pendant 24 heures).

Par ailleurs, l’accumulation sur une longue période de l’ensemble des données recueillies par les capteurs peut permettre un suivi sanitaire de l’activité de la personne âgée concernée.

Il y a peu nous parlions dans “En Marche” des développements importants des projets en gérontechnologies (1) en nous interrogeant: “Destinées avant tout “à améliorer la qualité de vie des personnes âgées à domicile et à faciliter le quotidien de leur entourage”, les gérontechnologies contribueront sans doute à limiter les inconvénients, voire les dangers de la perte d’autonomie, mais seront-elles pour autant un remède à la solitude, à la perte du goût de vivre, voire à la dépression trop souvent observée chez les personnes seules? La solitude est sans doute, après le manque de moyens financiers, le problème que de nombreux seniors s’attendent à affronter.” Mais les Japonais semblent percevoir positivement le fait d’utiliser ces technologies pour permettre à l’entourage ou à des services spécialisés de suivre à distance les mouvements de personnes fragiles (enfants, invalides, vieillards) parce qu’ils permettent de leur porter assistance en cas de nécessité.

Ces tests seront effectués dans le cadre d’un programme de recherches et développement du puissant ministère japonais des Affaires intérieures et des Télécommunications.

CVR

 

(1) A suivre - Vieillir chez soi grâce aux technologies - En Marche – 20 mars 2008) - www.enmarche.be (rubrique actualité). Sensibilisation de choc 


 

Un service citoyen pour les jeunes de 18 à 25 ans

L’idée fait son chemin

Convaincus des atouts pour les jeunes de s’investir dans un service citoyen, une Plate-forme d’associations défend la mise sur pied d’un tel dispositif en Belgique. Elle ébauche des pistes de réflexion, envisage une étude de faisabilité et la promotion de l’idée auprès des politiques. Parmi ceux-ci, on compte déjà des convaincus et certains programmes politiques mentionnent des projets similaires mais aucune proposition de loi n’a abouti jusqu’ici. La Plate-forme se fixe encore deux ans pour y parvenir.

En 1992, le service militaire obligatoire était abrogé. Le même sort était réservé à son corolaire, le service civil, alternative proposée aux objecteurs de conscience. Depuis, il n’y a plus de service obligé. Il existe bien quelques possibilités comme le service volontaire européen qui permet aux jeunes de 18 à 30 ans de partir en tant que volontaire à l’étranger, ou le service volontaire à la coopération au développement, ou encore l’année citoyenne développée par Solidarcité (1). Il y a aussi des projets à l’état d’ébauche comme cette loi de 2003 non promulguée et donc sans traduction sur le terrain - instituant un «service volontaire d’utilité collective» ouvert aux jeunes demandeurs d’emploi ou bénéficiaires d’un revenu d’intégration sociale.

Pour aiguiser la conscience citoyenne, faciliter le lien entre les études et la vie active…, de multiples approches sont envisageables. Réfléchissant à celles-ci, les membres de la Plate-forme pour le service citoyen ont défini les traits du service citoyen idéal. Il en dresse le portrait dans la brochure “Pour un service citoyen en Belgique?”.

Le service version idéale s’adresserait à tous les jeunes de 18 à 25 ans. Il durerait six mois, renouvelable une fois. Il ne serait pas obligatoire. Il se déroulerait en général en Belgique, mais son mode d’organisation permettrait certaines possibilités à l’étranger. Il concernerait le secteur associatif, les ong, les communes voire les entreprises mais pour des projets «sociétaux». Attention, les tâches proposées aux jeunes ne devraient pas correspondre à des emplois permanents ou nécessaires au fonctionnement normal de la structure d’accueil. Réalisé seul ou en groupe, le service citoyen idéal comprendrait une formation civique. Il devrait donner droit à un statut particulier “aussi solide que celui du salarié ou de l’étudiant”…

La brochure évoque d’autres aspects comme la rémunération, la rétribution de la structure accueillante…sans pour autant trancher en faveur d’une solution. L’important pour la Plate-forme est de constituer une base de lancement pour mettre sur pied un service citoyen, “véritable atout dans une trajectoire de vie tant sur le plan du développement personnel qu’en terme de bagage professionnel”.

C.D.

 

(1) Solidarcité, rue de Soignies, 9 à 1000 Bruxelles - 02/503.20.45 - www.solidarcite.be

 

Infos : Plate-forme pour le service citoyen, rue Alphonse Renard 46B à 1050 Bruxelles - 0488/28.20.49 - www.service-citoyen.be/ . La brochure “Pour un service citoyen en Belgique?” est téléchargeable sur le site.


 

Que font les banques

de notre argent?

Du 25 novembre au 4 décembre dernier, dans la perspective d’ouvrir une succursale en Belgique, la Rising B@nk a effectué une étude de marché afin de se renseigner sur l’ouverture du public au concept qu’elle propose : un rendement maximal sans aucun scrupule.

Avec une transparence totale, la Rising B@nk affirme investir dans les domaines les plus rentables. Extraction de minerai et de pétrole, venant de préférence de régions instables ou régies par un régime strict, investissements dans des entreprises délocalisées dans des régions ayant une législation du travail favorable, faisant travailler jour et nuit des enfants et des adultes, etc. Les guerres se multipliant aujourd’hui, quoi de plus rentable que l’armement? Quand elles cessent, grâce à des entreprises comme Halliburton, vous profitez de la deuxième partie du doublon: la reconstruction…

Rassurez-vous, cette banque n’existe que dans l’esprit de quatre étudiants qui ont monté cette agence de toute pièce. Pendant neuf jours, des acteurs professionnels ont ainsi accueilli un public, incrédule, indigné ou enthousiaste, remplissant des “études de marchés” qui seront par la suite analysées par des professeurs de l’UCL.

Ce “hoax” (fausse information propagée par des internautes) voulait présenter une caricature de certains aspects du monde bancaire en investissant dans des domaines où toutes les grandes banques belges sont impliquées, mais le faisant, au contraire de ces dernières, en toute transparence. Ces étudiants ont donc voulu attirer l’attention du grand public vers les investissements non éthiques des banques classiques.

Les exemples, s’ils ne sont pas facilement accessibles, sont nombreux. Ainsi, selon le classement réalisé par l’ONG Netwerk Vlaanderen en décembre 2007, le risque d’investissements nuisibles est faible chez Triodos, élevé chez Dexia et KBC, très élevé chez Axa, Fortis Bank, ING, Citibank et énorme à la Deutshe Bank.

Chaque personne ayant rempli l’étude a été recontactée par mail, et le public a été informé que la Rising B@nk n’existe pas en tant que telle. Mais que ces pratiques existent bel et bien!

“La réalité est entre les mains de votre banque”, explique une jeune étudiante émoussée de son entretien avec un «banquier» de la Rising B@nk: “Au moins ils m’ont présenté la vraie vérité. Ils ne cachent rien, et c’est choquant. L’enrichissement sur les autres, sur les enfants. Cette banque qui est à la limite du racisme avec l’exploitation de l’Afrique… Ils sont à l’opposé de mes idées. Les investissements de cette banque me surprennent. Je vais demander à mon agence comment mon argent est investi ? J’espère que l’on ne me donnera pas les mêmes réponses.”

 

Info: www.rising-bank.be - info@rising-bank.be

David Petit: 0473/39.39.42.


 

Atlas

La planète migrante

Près de 200 millions de personnes vivent aujourd’hui hors du pays où elles sont nées. Les migrations, comme chacun le sait, est un problème majeur de notre temps.

Certes, le phénomène n’est pas récent. Les hommes se sont toujours déplacés pour trouver des terres à cultiver, pour se nourrir, pour trouver du travail… à moins que ce ne soit les conséquences de guerres ou de catastrophes naturelles qui jettent des centaines de milliers de personnes sur les routes du monde, d’un bout à l’autre de la planète. Que l’on songe, par exemple, à l’Europe des Celtes, les invasions barbares, la chevauché mongole, les routes de la soie…

Les migrations d’aujourd’hui sont toutes aussi impressionnantes. Qu’il s’agisse de l’aller simple pour l’Amérique, de la ruée vers les villes, des trafics de compétences, des naufragés de l’environnement… Ces hommes et ces femmes représentent virtuellement aujourd’hui 191 millions de personnes.

Ce sont leurs déplacements, ces transferts de population qu’une publication hors série de la revue française La Vie et le journal Le Monde ont décrit (200 cartes) et mis en statistiques dans un précieux Atlas des migrations dans le but d’analyser ce dossier actuellement soumis aux instances internationales. De nombreux spécialistes (historiens, géographes, sociologues, chercheurs et journalistes) donnent chair à une cartographie claire et exemplaire, scientifique et pédagogique.

Contrairement à ce que craignent d’aucuns, “l’immigration, même illégale, a des conséquences globalement positives pour le développement du pays receveur” affirme un responsable à la Division de la population des Nations-Unies, notamment en contribuant à «remédier au déclin des populations», notamment dans l’Union européenne. La communauté internationale est capable aujourd’hui de gérer ces déplacements de population. Encore faut-il en avoir la volonté!

CVR

 

Atlas des migrations. Une coédition de La Vie ( www.lavie.fr ) et du quotidien Le Monde ( www.lemonde.fr ). 12 EUR - disponible en librairie.


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