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Échos de l'actualité sociale et de la santé ( 20 décembre 2007)



 

Le Père Noël est un rockeur

Un festival au début de l’hiver ce n’est pas courant. Et si, en plus, le droit d’entrée est un jouet en bon état, l’initiative prend véritablement les couleurs de Noël.

 

La belle saison voit fleurir de plus en plus de festivals en tout genre. Surfant sur ce qui devient une mode, le Père Noël a fait de même avec toutefois une touche qui lui ressemble : plutôt que de faire payer le droit d’entrée à un prix souvent prohibitif, il demande aux festivaliers un jouet en bon état.

C’est donc par une froide nuit que le village de Thuillies (entité de Thuin) résonne au rythme des basses, batteries et autres guitares. A l’entrée, trois lutins accueillent la foule. A partir de là, les jouets qui donnent droit au précieux sésame pour aller s’emplir les oreilles de rock, passent de mains en mains et aboutissent dans un petit hangar. Ici, ce ne sont pas moins d’une demi-douzaine de lutins qui trient les jouets. D’un côté, les poupées. De l’autre, les jeux créatifs. Dans le coin là-bas, les bandes dessinées. Plus près, les jeux de société et ici les éternelles petites voitures. Tout ce petit monde s’affaire et au milieu déambule le Père Noël, un peu rougeaux mais toujours souriant.

Il apprécie le coup de main des lutins volontaires de Jeunesse & Santé qui trient puis empaquètent les jouets à destination des enfants d’institutions de la région. Sans la générosité des festivaliers, ils auraient un Noël un peu moins joyeux. Les enfants ont envoyé leur liste au Père Noël et sous sa direction, les lutins explorent les montagnes de jouets récoltés afin d’exhausser leurs demandes ou de trouver ce qui s’en rapproche le plus. Ainsi, peu à peu, les jouets sont étiquetés puis emballés. Les tas de jouets deviennent des caisses que le Père Noël ira porter aux enfants de ces institutions dans les semaines qui viennent. Le travail se poursuit tard dans la nuit, bien après que les dernières notes aient été jouées sur scène.

L’initiative soutenue par les organisateurs du festival de Dour montre qu’un festival n’est pas seulement une source de plaisir pour ses participants, de nuisances pour ses riverains mais aussi l’occasion de partager un peu de la magie de Noël.

 

François Galand


 

Les lendemains du décret “Inscriptions”

Le 30 novembre 2007 restera gravé dans la mémoire de beaucoup de monde: c’était en effet le jour officiel d’ouverture des inscriptions des élèves en première année d’enseignement secondaire en Communauté française. Et pour des centaines de parents, une journée éprouvante après de très longues heures de files réalisées aux portes des écoles.

 

Loin des files d’attente, la ministre Arena n’a cessé de minimiser l’ampleur de ces files en assurant qu’à peine 5% des écoles secondaires étaient concernées. Chiffres rigoureux à l’appui, le Secrétariat général de l’enseignement catholique (SeGEC) et la Fédération des associations de directeurs de l’enseignement (FéADI) estiment qu’environ 40% des établissements d’enseignement secondaire libre catholique ont été confrontés au phénomène des files anormales (c’est-à-dire formées avant le 30 novembre à 6h du matin). Et seuls 6% ont échappé complètement aux files d’attente! Un phénomène qui est donc loin d’être isolé et concerne d’ailleurs aussi le réseau officiel.

Il apparaît aussi qu’avant l’ouverture des inscriptions, 38,6% des places étaient déjà occupées par des élèves prioritaires. Au soir du 30 novembre, si en moyenne 28% des places restaient disponibles, 26% des établissements de l’enseignement catholique étaient complets et ont dû procéder à une liste d’attente, plongeant environ 2.500 élèves dans l’incertitude.

Au-delà de la polémique des chiffres, il est clair, pour le SeGEC et la FéADI, que le décret “inscriptions” n’est pas le bon moyen de réaliser une école plus juste et plus efficace pour tous. Un point de vue que partage l’Union des Fédérations des Associations de parents de l’enseignement catholique (UFAPEC) qui dénonce les effets pervers du décret, le premier étant très certainement le renforcement du sentiment de discrimination ou d'inégalité, à l’inverse de ce qui était visé.

Le SeGEC déplore également l’insécurité juridique qui prévaut. En effet, alors que le décret donne la possibilité aux établissements de conclure des conventions avec des écoles fondamentales (il s’agit d’une des priorités acceptées encore l’année prochaine, pour la dernière fois), la circulaire envoyée aux écoles a limité ce nombre à une seule, ce qui constitue une règle plus contraignante, non conforme au principe de la hiérarchie des sources de droit.

Enfin, le SeGEC et l’UFAPEC estiment qu’il faut agir surtout sur l’offre en dotant toutes les écoles des moyens qui garantissent un enseignement de qualité pour tous. De plus, là où l’évolution démographique l’exige, il convient d’étendre l’offre scolaire en autorisant l’ouverture de nouveaux établissements.

Pour la Mutualité chrétienne, la question de la mixité sociale doit être abordée globalement et non école par école. “Il faut que les écoles en discrimination positive obtiennent plus de moyens, que les professeurs dans ces écoles obtiennent plus de soutien, d'accompagnement, d'encadrement... Nous devons nous battre pour élever partout le niveau et la qualité de l'enseignement, assure Alda Greoli, Secrétaire nationale. Pour oser de vraies politiques de gauche, il faut aussi mettre par terre les chimères: on ne décrète pas que les gens se mélangent dans les cours de récréation (et ce, quel que soit le milieu social d'origine) mais on peut, par d'autres types d'actions dans les écoles, dans les quartiers, et à travers la qualité des logements, éveiller à la mixité sociale et la construire”, conclut-elle.

JD

 

Les résultats des enquêtes menées auprès des parents par l’UFAPEC et auprès des directions d’écoles par le SeGEC et la FéADI sont consultables sur leur site respectif: www.ufapec.be  et www.segec.be 

 


 

Indemnisation des dommages en soins de santé

L'entrée en vigueur de la loi reportée d’un an

Le nouveau système d'indemnisation des dommages liés aux soins de santé était attendu avec beaucoup d'impatience et d'espoir, tant par le corps médical que par les patients. Le sujet avait en effet déjà fait couler beaucoup d'encre. Mais la montagne a accouché … d'une souris.

Une loi visant à indemniser les dommages résultant de soins de santé avait été adoptée in extremis en fin de législature précédente. Ce vote avait eu lieu en un temps record et sans vraiment que le débat parlementaire ne puisse être élargi à autre chose que les principes de base qui bien évidemment ont rencontré une adhésion unanime.

A l'époque, la Mutualité chrétienne avait tenté de lancer un débat critique sur le projet de loi, mais en vain(1). Il semblait alors politiquement suicidaire de ne pas accepter le vote du système tant attendu, peu importait que la version dudit projet soit inapplicable ou incohérente.

Dans sa version actuelle, la loi nécessite encore la rédaction de nombreux arrêtés royaux avant de pouvoir être effectivement mise en œuvre.

Qui dit arrêtés royaux, dit gouvernement… En l'absence de celui-ci, ces arrêtés ne peuvent être ni rédigés ni soumis au vote. L'entrée en vigueur de la loi n'aura donc pas lieu le 1er janvier 2008 mais est reportée d’un an, soit le 1er janvier 2009…

Parallèlement, beaucoup d'acteurs de terrain ont émis de vives critiques à l'encontre de la formulation actuelle de la loi, même si tous sont partisans d'une amélioration du système d'indemnisation des dommages dans ce secteur.

Il y a fort à parier, et c'est tout à fait souhaitable, que la modification de la loi ne se limitera pas à sa date d'entrée en vigueur.

Ingrid Février

 

(1) Lire dans En Marche : “Accidents thérapeutiques: vers un nouveau système d’indemnisation ‘sans faute’?” - édition du 21 décembre 2006. L’article peut être consulté sur www.enmarche.be 


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