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Échos de
l'actualité sociale et de la santé
( 6 décembre 2007)
Un voyage lointain
pour ne
pas oublier les prisonniers d’opinion
“Il
vaut mieux allumer une bougie que maudire l’obscurité.” Cet ancien
proverbe chinois inspira l’avocat britannique Peter Benenson lorsqu’il eut à
choisir un symbole pour Amnesty International: une bougie entourée de fil
barbelé, toujours utilisée aujourd’hui.
Depuis, Amnesty
International n’a cessé d’organiser des campagnes pour sortir de l’obscurité
les prisonniers d’opinion que le monde aurait vite perdu de vue, notamment
en envoyant des témoins qui s’assurent des conditions de détention de ces
prisonniers et qui vérifient si ces prisonniers bénéficient d’une défense
juste et impartiale.
Louis Huwart, engagé
dans diverses associations, suit de près l’actualité de l’Amérique latine.
Ecrivain à ses heures, celui-ci a écrit un premier roman qui nous fait vivre
le périple d’un représentant d’Amnesty International Belgique, Pierre
Hénart, chargé de prendre contact avec le Dr Juan Pradez, emprisonné depuis
trois mois et dont les proches étaient sans nouvelles.
Dès le début de ce
livre, qui se lit d’une seule traite, Pierre Hénart sent que ce voyage ne
sera pas sans embûches. A sa descente d’avion, le passage par la Seguridad
le trouble: “Que venez-vous faire ici? C’est la troisième fois que vous
venez chez nous… Ah! Vous êtes imprimeur… Vous imprimez des livres
politiques… Je ne connais pas votre dossier, mais sachez que nous ne pouvons
tolérer que des étrangers viennent dans notre pays pour y encourager la
subversion: ‘La subvercion es la negacion de la nacion’”.
Son cousin, ami de
jeunesse, Miguel Salinas, qui a retrouvé la trace de Juan Pradez, réussit à
organiser une visite à la prison où celui-ci est
détenu.
Rencontre pleine d’émotions, mais rencontre aussi très surveillée de deux
fois quinze
minutes arrachées au pouvoir militaire sous la pression des militants
bruxellois d’Amnesty. “Comment vas-tu? Plus ou moins en bonne santé, mais
au secret, interrogé 2, 3 fois par semaine posant les mêmes questions, avec
les mêmes réponses.” Pour lui, pas de tortures, une mise au secret
totale par contre. “Mais pour quelles raisons? Je l’ignore…”
Si cette rencontre
n’apportait pas de nouvelles spectaculaires, l’essentiel était acquis: Juan
Pradez était réapparu au grand jour, après trois mois de silence! Mais
voilà. L’histoire ne s’arrête pas là. Les pièges se multiplient. Des
rencontres inattendues s’organisent. La situation devient complexe. Dans un
contexte révolutionnaire, on apprendra qu’il ne suffit pas d’être de bonne
volonté!
CVR
Un voyage lointain ► Louis Huwart
■ Editions Chloé des Lys 2007
■ 16,10 EUR.
Disponible à la Librairie La Licorne ■ Chaussée
d’Alsemberg, 656 à 1180 Bruxelles ■
02/344.98.32.
Résolument mobiles
dans les
transport en commun !
Le
vendredi 9 novembre dernier, Altéo, mouvement social de personnes malades,
valides et handicapées, a mené une action de sensibilisation à la mobilité
des personnes à mobilité réduite en milieu rural.
150
membres d’Altéo – le nouveau nom de l’ACIH-AAM (voir en page
3) – ont pris les transports en commun pour se rendre en région dinantaise,
à Houyet, le lieu choisi afin d’interpeller les responsables politiques.
Malgré le froid, la pluie et même la neige à Bertrix, les participants
étaient au rendez-vous dans les gares de départ : Namur et Jemelle et
Bertrix. Ouf !... Grâce au concours des agents de la SNCB, les personnes à
mobilité réduite ont presque réussi à voyager comme tout le monde.
Parmi les objectifs de
ce périple inédit, la sensibilisation des voyageurs aux difficultés vécues
par les personnes à mobilité réduite pour se déplacer en transports en
commun. Qui plus est en région rurale !
Ce 9 novembre,
l’animation des gares allait bon train. Un chaperon rouge en fauteuil
roulant, un loup et un annonceur de train ont surpris, amusé et interpellé
bon nombre de voyageurs. Mais qu’ont fait ces personnages tout droit sortis
d’un conte ?
Le loup dénonçait les
embûches rencontrées par le petit chaperon rouge qui représentait les
personnes à mobilité réduite. Et l’annonceur de gare de rappeler à la SNCB
et au TEC que des efforts en matière de mobilité restent à faire.
L’approche par le conte
a facilité les contacts avec les voyageurs. «Le costume dédramatise le
handicap, il permet de dépasser la peur et les préjugés», dit le loup.
Des voyageurs ont pris conscience qu’un geste aussi banal que pousser une
porte peut devenir un véritable tour de force.
Autre objectif
rencontré, à l’arrivée, à l’ancienne gare de Houyet : Altéo a fait part de
ses revendications aux représentants des transports en commun et aux
décideurs politiques locaux. Les discussions ont montré la nécessité d’un
dialogue et d’une collaboration renforcée. Car, si des efforts en matière
d’accessibilité doivent se faire, encore faut-il les accompagner d’une
information fiable.
Ainsi,
on peut espérer qu’au plus vite, l’annonce de chaque arrêt de bus et de
train ne soit plus aléatoire mais bien systématique!
Laurence Biron

Revalorisation des forfaits d’incapacité de travail
pour les
travailleurs indépendants
Suite
à une revalorisation des montants de la pension minimum des indépendants,
les forfaits octroyés aux titulaires indépendants en incapacité primaire et
aux invalides qui n'ont pas mis fin à leur entreprise sont revus à la hausse
au 1er décembre 2007.
Cette revalorisation ne
concerne pas les forfaits octroyés aux invalides ayant mis fin à leur
entreprise.
Le tableau ci-contre
reprend les forfaits octroyés aux titulaires indépendants en incapacité de
travail.
| |
Avec charge
de famille |
ISOLé |
Cohabitant |
| Incapacité primaire - 1ère
année d'incapacité |
40,80 EUR |
40,80 EUR |
43,32 EUR |
|
Invalides
n'ayant pas mis fin à leur entreprise - à partir de la 2ème
année d'incapacité |
30,69 EUR |
30,69 EUR |
34,67 EUR |
|
Invalides ayant
mis fin à leur entreprise
- à partir de la
2ème année d'incapacité |
27,25 EUR |
27,25 EUR |
30,01 EUR |
Ca commence ici
Action
Climat
Réunie
début décembre à Bali, la conférence des Nations-Unies sur les changements
climatiques devra s’accorder sur un cadre réglementaire contraignant de
réduction des émissions de gaz à effet de serre,
cadre destiné à prendre le relais du Protocole de Kyoto qui arrivera à
échéance en 2012. Dans ce contexte, la Global Climate Campaign a appelé à
une journée d’action planétaire, le samedi 8 décembre, autour de la
problématique du climat.
Avant,
pendant et après la manifestation, chacun peut poser un acte concret en
faveur du climat, propose la Coalition Climat, collaboration d’organisations
de la société civile belge:
■
remplacer ses ampoules ordinaires par des lampes économiques, des ampoules
basse énergie (ce qui constituera tout à la fois un geste favorable à
l’environnement et une économie financière);
■ opter
pour l’électricité verte. “Allumer sa télévision ou son ordinateur est un
geste quotidien, à la limite un réflexe. On en oublierait presque que
derrière ce geste se cache une électricité polluante, généralement produite
au départ d’énergie nucléaire ou de charbon, explique le site de la
Coalition.(…) Nous avons aujourd’hui tous le pouvoir d’en limiter l’impact,
en optant pour du courant vert. Celui-ci est produit au départ de sources
d’énergies renouvelables comme le vent et le soleil. Plus nous sommes
nombreux à acheter du courant vert, plus les investissements dans cette
électricité propre seront importants”.
Les personnes qui
procèdent à ces gestes en faveur du climat sont invitées à l’enregistrer sur
le site www.cacommenceici.be
ce qui permettra de quantifier l’impact collectif de tous ces
gestes individuels.
Infos auprès de secrétariat de la Coalition Climat :
c/o WWF Belgique, av. E. Jacqmain, 90, 1000 Bruxelles
■
02/340.09.97 ou 02/340.09.85
-info@coalitionclimat.be ■
www.cacommenceici.be
Petits
risques indépendants
Mise au
point
Le
30 novembre dernier, dans un communiqué de presse, la Mutualité chrétienne
se félicitait de “l’extension des droits des indépendants en matière de
soins de santé”. En effet, au 1er janvier 2008 l’assurance maladie
obligatoire couvrira aussi leurs soins de santé appelés “petits risques”. De
ce fait, tous les indépendants auront droit aux mêmes remboursements de
leurs frais médicaux que les salariés.
“Malgré ces avantages
indéniables, déplorait la Mutualité chrétienne dans son communiqué,
une entreprise d’assurances a cru bon d’introduire récemment auprès de la
Cour constitutionnelle un recours en annulation de la loi… Cette entreprise
d’assurances s’oppose ainsi à l’extension de la solidarité et met en cause
l’organisation d’un système d’assurance maladie obligatoire généralisée et
solidaire.”
Ce communiqué a suscité
une mise au point de la société DKV qui nous demande de préciser son point
de vue. Certains affiliés indépendants de la MC avaient d’ailleurs reçu un
courrier dans lequel la société DKV annonce qu'elle a déposé auprès de la
Cour Constitutionnelle un recours en annulation de la loi.
La société DKV
précise son point de vue:
“Nous nous référons au communiqué de presse du 30 novembre relatif à
l’intégration au 1er janvier 2008 des petits risques pour
indépendants dans l’assurance obligatoire soins de santé et invalidité.
Dans
ce communiqué la Mutualité chrétienne mettait l’accent sur les avantages de
cette réforme et regrettait qu’une entreprise, DKV Belgium, ait introduit un
recours en annulation de la nouvelle législation auprès de la Cour
Constitutionnelle, et ce, malgré les avantages indéniables de cette réforme.
Selon la Mutualité chrétienne, l’intérêt collectif des indépendants doit
primer sur l’intérêt individuel d’une entreprise déterminée.
DKV
Belgium souhaite nuancer son point de vue. Comme vous le savez DKV Belgium
est le seul assureur à offrir depuis des années une assurance petits
risques. Par la récente réforme il s’ensuit non seulement que l’assurance
petits risques pour indépendants est rendue obligatoire et sera financée
par les cotisations sociales mais aussi que l’offre de cette couverture sera
réservée aux mutualités. Le grief de DKV Belgium concerne seulement le fait
que la réforme, pour laquelle elle se réjouit également, ne tient pas compte
que DKV Belgium est aussi active dans l’offre d’assurance petits risques
pour indépendants et que la réforme l’exclut désormais, sans prêter
aucunement attention aux contrats existants. C’est pour cette raison que la
DKV Belgium a introduit un recours auprès de la Cour Constitutionnelle.
Par
ce communiqué DKV souhaite mettre fin à tout malentendu que le précédent
communiqué aurait pu provoquer.”
L’alcool
en milieu étudiant
Ni stigmatiser, ni
banaliser
On
le constate davantage chaque jour, la population jeune est devenue en
quelques années une cible prioritaire des producteurs d’alcool, qui tendent
à fidéliser, à féminiser et à rajeunir leurs consommateurs. Parmi cette
jeunesse, le public étudiant est sans conteste spécifique.
Avec les bleusailles
, les fêtes estudiantines… le folklore étudiant est en quelque sorte
alcoolisé. L’étudiant est-il dès lors grand consommateur d’alcool? Comment
consomme-t-il? Ces questions et d’autres ont fait l’objet d’un colloque le
28 novembre dernier à l’initiative de la plate-forme Jeunes & Alcool et plus
particulièrement d’Univers-Santé et de la FEF (la Fédération des étudiants
francophones).
Parmi
les constats, tout d’abord, celui d’une relative stabilité de consommation
chez les jeunes de 13 et 17 ans: entre 1988 et 2006, les moyennes varient
peu. Toutefois, la consommation d’alcool augmente avec l’âge, le passage de
l’enfance à l’âge adulte s’accompagnant d’un accroissement de celle-ci.
Précisons encore que les premières consommations ont généralement lieu en
famille.
Ensuite, lors de
l’entrée dans la vie étudiante, ce n’est pas tant la consommation que les
comportements abusifs - ivresse, binge drinking(1)… - qui
augmentent pour diminuer ensuite avec l’âge. C’est précisément ce qui
caractérise cette population étudiante en première année de baccalauréat:
des comportement abusifs plus réguliers.
Mais ne dramatisons pas!
Pour la majorité des étudiants, la consommation d’alcool n’est pas
considérée comme problématique. D’ailleurs, la dimension première reste pour
eux les études, la dimension festive n’arrivant qu’en quatrième position.
Dans le même ordre d’idées, l’alcool apparaît comme un élément de la fête.
Le produit semble lié uniquement à l’amusement. C’est sans doute là que
réside une partie du problème: l’aspect “santé” est négligé. De fait, la
consommation abusive d’alcool ne provoque pas toujours de problèmes de santé
immédiats. C’est bien plus tard qu’ils apparaîtront. Et plus on commence à
consommer jeune, plus les risques de problèmes augmentent.
Alors que faire? Pour
les étudiants en particulier, on peut insister sur l’importance des
démarches participatives et le soutien aux initiatives étudiantes,
l’éducation et la prévention par les pairs (les autres étudiants) étant
souvent une voie riche et efficace.
Cependant, l’alcool
étant largement admis dans nos sociétés, nous sommes tous concernés. Evitons
de stigmatiser l’étudiant mais ne fermons pas non plus les yeux sur
certaines pratiques. N’oublions pas non plus de nous interroger sur
l’ensemble de ces messages (publicitaires ou non) qui ont parfois tendance à
banaliser les comportements abusifs sous couvert d’un humour dont on peut
raisonnablement douter du bon goût.
François Galand
(1) Binge drinking : mode de consommation d'alcool dont
l'unique objectif est l'ivresse dans un laps de temps court.
Les actes du colloque seront publiés dans la revue
Education Santé:
www.educationsante.be
Du tonus
pour ton
blocus!

Pour
les étudiants en première année baccalauréat, Jeunesse & Santé propose un
soutien afin d'aborder l'expérience du premier blocus dans les meilleurs
conditions.
Des conseils pratiques de méthode, d'organisation du travail, de
gestion du stress, d'alimentation… sont réunis dans le kit starting bloque.
Il est à leur disposition gratuitement, en téléphonant au 0800/10 9 8 7.
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