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Échos de l'actualité sociale et de la santé ( 1er novembre 2007)



“Un adieu digne pour tous

Lorsque quelqu’un décède sans que personne ne prenne l’initiative d’organiser ses funérailles ou n’ait les moyens financiers de les prendre en charge, c’est à l’autorité communale de le faire à ses frais. Ainsi le veut la loi. La Fondation Roi Baudouin a voulu savoir comment est organisé le dernier voyage des défavorisés. Elle émet quelques recommandations afin qu’un accueil digne puisse être réservé à chacun.

La dignité humaine ne prend pas fin avec la mort. Tous les citoyens, y compris ceux qui meurent dans la solitude ou la pauvreté, ont droit à un adieu digne. Quand les membres de la famille ou les amis d’un défunt ne peuvent ou ne veulent payer les frais d’un enterrement, il revient à la commune de prendre ces coûts en charge. Telle est la loi. Mais cette loi est extrêmement laconique et laisse de nombreuses questions en suspens: comment assurer aux plus pauvres un dernier hommage empreint de dignité? Dans quelle mesure faut-il tenir compte de leurs dernières volontés? Que signifient des funérailles décentes?

La Fondation Roi Baudouin a réalisé un état des lieux de cette question méconnue et douloureuse, qui met aussi en avant des exemples de bonnes et de moins bonnes pratiques. Cet état des lieux a fait l’objet d’une brochure intitulée “Un adieu digne pour tous” (1).

 

Les grandes villes au premier plan

Faute de statistiques globales quant à la prise en charge d’enterrements par les CPAS, un coup de sonde effectué à la demande de la FRB auprès de certaines communes permet de se faire une idée de l’ampleur et de la répartition géographique du phénomène. Sans surprise, les chiffres les plus élevés concernent les grandes villes : 100 à 120 personnes indigentes en moyenne sont enterrées chaque année à Bruxelles-Ville et plus d’une centaine à Liège, alors que le CPAS d’Anvers finance annuellement entre 400 et 500 enterrements, et la plupart des communes bruxelloises en recensent une cinquantaine par an. Les chiffres diminuent à mesure qu’on s’écarte des grands centres urbains (entre 6 et 12 funérailles d’indigents par an à Braine-l’Alleud et à Ottignies par exemple) pour arriver à des situations vraiment exceptionnelles en milieu rural.

 

Des pratiques différentes

D’après la FRB, la plupart des communes veillent à ce que les funérailles des indigents se déroulent dans des conditions dignes et humaines. Mais les pratiques diffèrent de commune à commune.

Il ressort en effet de témoignages recueillis auprès d’organisations s’occupant de pauvres et de personnes défavorisées que l’approche de la commune ou de l’entrepreneur de pompes funèbres peut laisser à désirer. Certaines communes s’adressent parfois de manière trop agressive à des parents éloignés pour les inviter à remplir leurs obligations; d’autres montrent parfois peu de souplesse face à quelques petits extras comme un bouquet de fleurs ou une petite couronne… Il arrive aussi trop souvent que l’heure des funérailles ne soit pas communiquée à temps aux proches ou que l’emplacement où est inhumé le corps ne soit pas identifié. D’aucuns évoquent également  l’absence de rituels de passage lors de la cérémonie ou  le fait que la commune n’ait pas cherché à connaître les dernières volontés du défunt.

A l’inverse, on note de nombreuses initiatives ou marques d’attention qui font la différence et permettent d’apporter une touche d’humanité bienvenue. Quelques exemples parmi d’autres: l’organisation d’une cérémonie annuelle en hommage aux sans-abri décédés dans la rue, l’interrogation systématique de l’entourage de la personne décédée pour savoir s’il n’y a pas certaines dispositions à respecter, l’allocation d’un petit budget pour payer le trajet des personnes pauvres qui veulent se rendre aux funérailles et acheter des fleurs, l’organisation des funérailles des indigents à horaire fixe, ou encore la présence de volontaires aux funérailles en l’absence de tout entourage, comme le pratique l’Association pour l’Inhumation et la Crémation qui remplit une fonction sociale précieuse dans notre pays.

La FRB observe qu’à côté des personnes tout à fait sans ressources, il y a aussi un grand nombre de familles précarisées qui souhaitent faire quelque chose mais manquent de moyens pour le faire. Elle invite dès lors les communes à constituer un partenariat avec le monde associatif pour aider ces familles à organiser des funérailles sobres mais dignes, sans qu’elles ne doivent nécessairement être prises en charge par la commune.

JD

 

(1) Cette publication peut être obtenue gratuitement au 070-233.728 ou par mail à publi@kbs-frb.be . Elle peut aussi être téléchargée sur le site www.kbs-frb.be .

 

En résonances

“Dans la nuit, j’ai pensé au brassard noir que l’on portait, autrefois, lorsqu’on avait perdu un être cher. J’ai regretté que ce ne soit plus l’usage, ce signe extérieur de la tristesse. Aujourd’hui, la souffrance du deuil ne se partage pas. Elle demeure secrète et solitaire. Pour ne pas dire taboue.

Avant que tu nous quittes, j’ai marché avec ce secret à porter de ta mort imminente. Mais quand tu fus partie, je l’ai eu mon brassard, à ma façon. Une façon qui t’amuserait, toi qui, comme moi, ne détestais pas les signes. Il faut que je te dise.

Te dire, donc, que deux semaines jour pour jour après ton départ, et à l’heure exacte de ton geste, j’ai fait une chute dans la rue, devant une confiserie que j’affectionne et dont l’enseigne m’a fait m’esclaffer, malgré la douleur: “A la mère de famille”. Oui, je suis tombée devant “A la mère de famille”!... L’attelle à ma main droite, je l’ai nommée “mon brassard blanc du deuil”.

Aurais-je pu l’appeler autrement?

Un mois durant, je l’ai porté avec ostentation. On me souriait dans la rue. On me traitait comme un objet fragile. On me voyait blessée. C’était bien davantage. Ma main bandée désignait, pour moi seule, ton inéluctable absence.”

Extrait de  “La dernière leçon”,

Noëlle Châtelet, Le seuil, 2004.

 


 

CNCD-11.11.11

En campagne pour la souveraineté alimentaire

 

Chaque année, au mois de novembre, le Centre national de coopération au développement lance l’opération 11.11.11. Cette récolte de fonds permet de financer des programmes et projets de développement au Sud.  Cette année, comme en 2006, la campagne sera empreinte de souveraineté alimentaire.

 

 

 

 

 

Affiche de la campagne 2007.

La “filière de l’oignon” au Sénégal

est exemplative du combat pour

la souveraineté alimentaire.

Le Sénégal, grand consommateur d’oignon,
importe 40% de ses besoins, alors qu’il dispose de suffisamment de terres capables

de lui assurer une autosuffisance en la matière.

 

La souveraineté alimentaire, qu’est que cela signifie? Le concept est présenté par ses partisans, comme une alternative par rapport à l’organisation des marchés agricoles fondée sur la libéralisation. Il s’ancre dans deux constats: “un être humain sur sept n’a pas accès à la nourriture alors que l’on produit davantage que nécessaire à l’échelle de la planète” et “la faiblesse des revenus agricoles se révèle être la principale cause de la malnutrition dans le monde”.

Soutenir la souveraineté alimentaire, comme l’entent la campagne du CNCD-11.11.11, ce serait en fait garantir aux Etats et aux populations le droit de définir des politiques agricoles adaptées à leurs réalités, et sans impact négatif sur les populations d’autres pays. Ce serait favoriser une agriculture destinée en priorité à alimenter les marchés régionaux et nationaux; appuyer l’autonomie des paysans; s’éloigner d’un système où les excédents des firmes agroalimentaires sont exportés à bas prix vers les pays pauvres, concurrençant la production des paysans ruraux.

Petit à petit, l’idée fait son chemin. Mais, rappelle le CNCD-11.11.11, la mobilisation des citoyens est encore nécessaire. Une pétition déjà signée par 50.000 personnes est toujours disponible sur le site www.cncd.be/petition

Par ailleurs, à l’occasion de cette deuxième année pour la souveraineté alimentaire et afin de soutenir une cinquantaine de projets dans le Sud, quatre produits seront mis en vente durant l’opération 11.11.11 – du 8 au 18 novembre. Du cacao “… qui n’est pas amer pour le producteur” (5 euros), du thé (5 euros pour 20 sachets), un livre de recettes à base de poulet, concocté par l’atelier d’écriture autour de la cuisine de Lire et écrire (10 euros), et puis… le calendrier comme à l’habitude superbement illustré (15 euros). Ces produits seront proposés comme chaque année à l’entrée de certains magasins. Ils sont également disponibles dans les Magasins du monde-Oxfam ou auprès du CNCD-11.11.11.

CD

Pour commander les produits: 02/250.12.30 ou www.cncd.be


 

Etudiants en décrochage

La formation-relais© pour de meilleurs chances de réussite

 

Chaque année, nombreux sont les étudiants en première année de baccalauréat à abandonner leurs études après quelques semaines ou quelques mois passés dans les auditoires. Mauvaise orientation, manque de méthode de travail, niveau de compétences insuffisant… quoi qu’il en soit, il leur est possible de suivre un programme de formation qui les aidera à repartir du bon pied.

Au cours des dix dernières années, plus de 1.000 jeunes ont participé à la formation-relais© organisée par le CPFB, le centre d’enseignement supérieur de promotion et de formation continuée en Brabant wallon. Créé en 1996, ce programme original, conçu et réalisé avec l’aide de l’UCL, propose aux étudiants venus de divers horizons (universitaire et non universitaire) un temps et un espace “autre” pour faire le point, développer des compétences-clés, reprendre confiance et se réengager en meilleure connaissance de cause dans les études supérieures voire dans l’exercice d’une profession (1).

 

Choisir d’apprendre et apprendre à choisir

Un des principaux objectifs de la formation-relais© est de permettre à l’étudiant de développer des atouts supplémentaires pour réussir ses études supérieures: maîtriser les langages utilisés dans l’enseignement supérieur, acquérir une meilleure méthode de travail, réaliser des exposés, travailler en groupe et participer à des cours d’enseignement supérieur.

Un autre objectif majeur est de permettre au jeune de choisir avec méthode et de présenter un projet personnel d’études et/ou de profession. Avec l’aide d’un accompagnateur, de professionnels de l’orientation et des autres étudiants, chacun est invité à chercher, confronter, vérifier les informations sur les études et leurs perspectives professionnelles, discerner ses centres d’intérêts, ce qui est possible pour lui et lui donne sens. L’étudiant sera amené à confronter son projet à la réalité grâce à des stages, des visites et à la participation aux cours d’enseignement supérieur.

Les échos recueillis auprès des anciens étudiants, confirmés par une recherche-action, soulignent l’impact positif de la formation-relais sur le parcours des étudiants. Au bout de celle-ci, loin d’avoir perdu une année académique, ils auront gagné en connaissances et en compétences mais aussi en expériences, en maturité et en confiance en soi. Des atouts indéniables pour construire son avenir…

Cette année, la première session de la formation-relais aura lieu du 19 novembre 2007 au 30 juin 2008 (2). Une séance d’information est organisée le lundi 12 novembre à 17h pour favoriser l’engagement des candidats en bonne connaissance de cause. Elle aura lieu au CPFB à Louvain-la-Neuve (en face de la gare).

JD

 

(1) A Namur, un programme similaire intitulé “formation Rebond” est le fruit d’une collaboration entre 10 établissements d’enseignement en province de Namur dont les Facultés Notre-Dame de la Paix.

(2) Une deuxième session débutera en février 2008 et une troisième en avril 2008.

 

Renseignements: CPFB , rue des Wallons, 6 – 1348 Louvain-la-Neuve – 010/47.82.49 - secretariat@cpfb.ucl.ac.be www.cpfb.be 


 

Les étudiants

sur les “starting bloque”

Pour les étudiants, les fêtes de fin d’année ne riment que très rarement avec sorties et amusement mais plutôt avec étude et blocus! Question: comment négocier cette période difficile? Et particulièrement lorsque c’est la première année? Jeunesse & Santé, en partenariat avec la Mutualité chrétienne, propose aux étudiants de les soutenir dans leur blocus, avec le kit “Starting Bloque” et son prolongement sur la toile www.startingbloque.be

Pendant la bloque, de nombreuses questions font surface : comment étudier, quel rythme de vie et de travail faut-il prendre, quelles attitudes adopter pour affronter les examens …?

Le kit “Starting Bloque”, créé par des jeunes pour les jeunes qui démarrent leurs études, aide l’étudiant à trouver des réponses. Composé notamment d’un planning, d’une brochure explicative, de post-it … le kit est un compagnon fidèle qui regorge de trucs et astuces pour traverser le blocus le plus sereinement possible.

Tout beau tout nouveau, le site www.startingbloque.be vient désormais enrichir la version papier. En plus du kit, l’étudiant pourra par exemple y trouver des conseils à garder en tête la veille des examens. C’est aussi un espace de ressources pour les parents qui souhaitent accompagner leur étudiant favori durant ces longues semaines.

Les étudiants qui souhaitent se procurer le kit "Starting Bloque" peuvent l'obtenir sur simple demande au 0800-10 9 8 7 (numéro d’appel gratuit de la Mutualité chrétienne) ou surfer sur le site : www.startingbloque.be  


 

Enfants, publicité

  … et alimentation saine

Les enfants intéressent le marketing, c’est un fait. Ils représentent, ce que Claude Pecheux, professeure aux Facultés de Mons, appelle un triple marché. En effet, ils ont un certain pouvoir d’achat selon le montant de leur argent de poche. Ils sont aussi prescripteurs auprès de leurs parents. Et puis, ils correspondent à un marché futur, le jour où eux-mêmes deviendront adultes.

 

La télévision est le média par excellence de ces stratégies, précise la spécialiste. En même temps, de nouvelles formes de pub font leur apparition via le placement de produits dans des films, de marques dans des jeux vidéo via Internet.

La pub peut apparaître comme “le grand méchant loup face à la pauvre petite victime”, mais ce n’est pas si simple, estime Claude Pecheux qui souhaite éviter la diabolisation. La professeure du département marketing relève que l’impact de la publicité à la télévision peut être “modéré” par le contexte de vision par exemple, la discussion avec les parents, les enseignants… A cet égard, d’ailleurs, l’éducation aux discours publicitaires ne serait pas sans effet: les enfants de 10 ans en 2007 seraient beaucoup plus critiques que ceux de 10 ans en 1987. La “marketeuse” remarque également que la publicité à la télévision est mieux identifiée par les enfants que dans d’autres supports, comme l’Internet justement. Et ce d’autant plus à partir de l’âge de 8 ans, quand l’enfant perçoit l’intention persuasive des annonces. Alors, interroge Claude Pecheux, si la pub télévisuelle peut être efficace, pourquoi ne pas l’utiliser à d’autres fins? L’utiliser dans des campagnes de marketing social, afin de vanter des comportements socialement acceptables?

Au sein de son département, un doctorat est en cours à propos de la promotion de l’alimentation équilibrée et saine auprès des 8-12 ans. Les enquêtes et expérimentations ont amené la doctorante, Karine Charry, à retenir plusieurs messages de sensibilisation pour une bonne alimentation. Ces messages évoquent l’un, la crainte du rejet social; l’autre, les limites à pratiquer une activité physique; le troisième, l’information sur les apports des fruits et légumes. Karine Charry remarque l’efficacité de l’utilisation des menaces.

Ce n’est pas sans soulever des questions éthiques. La discussion au sein du midi de la santé, organisé par l’Observatoire de la santé du Hainaut à ce sujet, en a été l’illustration. La fin justifie-t-elle tous les moyens? Utiliser la peur, n’est-ce pas conduire les enfants à l’anxiété? Ne risque-t-on pas de stigmatiser les personnes en surpoids? Comment être concret sans tomber dans la moralisation? Autant de questions que les chercheuses en marketing devront prendre en compte dans la suite de leurs études.

CD

Infos: FUCAM – Claude Pecheux – 065/32.33.32 et Observatoire de la santé du Hainaut - 065/87.96.00 – http://observatoiresante.hainaut.be


 

Entre le Hainaut et la France

La santé transfrontalière

Les problèmes de santé et la planification de leurs prises en compte ne s’arrêtent pas aux frontières politiques. C’est ce qu’a bien compris le programme Interreg III de l’Union européenne.

Avec son soutien, deux Observatoires régionaux de la santé français (Champagne-Ardenne et Picardie), ainsi que l’Observatoire de la santé du Hainaut ont travaillé en commun à la réalisation d’un “tableau de bord transfrontalier de la santé”. Le principe? Identifier des priorités de santé publique, analyser l’offre de soins, offrir une base chiffrée de référence tant aux décideurs, qu’aux acteurs de santé. 

Les Observatoires ont étudié un territoire composé de la province du Hainaut, des départements français des Ardennes et de l’Aisne. Cet espace éligible par le programme européen, ils l’ont étendu au département du Nord et à la province de Namur. Pour cet ensemble, dit NHANA (en référence aux acronymes de départements et provinces), ils proposent un ensemble de sept cahiers thématiques avec les principaux indicateurs de santé et d’offre de soins.

La somme d’informations à propos de la santé et des comparaisons entre les régions est conséquente. Certaines données éclairent des traits communs: l’espérance de vie sur ce territoire est inférieure à celles de la France ou de la Belgique en général; les mortalités par maladies cardiovasculaires et par cancers sont significativement supérieures aux moyennes nationales; presque un décès sur 7 sur ce territoire peut être attribué à la consommation abusive d’alcool; la part de population pratiquant une activité physique suffisante pour un impact positif sur la santé (exemple marcher d’un bon pas) est inférieure aux moyennes nationales… D’autres données permettent aussi d’affiner le portrait: les hennuyers, en termes de pourcentage, se sentent en moins bonne santé que les namurois; le nombre de personnes qui font face à un excès de poids est plus élevé dans les zones belges prises en compte que dans les zones françaises; l’Aisne et le Hainaut sont marquées par un nombre élevé de médecins généralistes âgés de plus de 50 ans…

Pour les Observatoires, la combinaison de prévention d’origine québécoise: 0-5-30 (pour zéro cigarette, cinq fruits et légumes par jour, trente minutes d’activité physique) est un combat plus que d’actualité sur la zone frontalière. Ils en appellent à la collaboration en termes d’intervention, à la faveur de la langue commune qui les unit. 

CD

Infos: Observatoire de la santé du Hainaut, rue Saint-Antoine, 1 à 7021 Havré – 065/87.96.00 – http://observatoiresante.hainaut.be


 

Une campagne pour la sécurité routière qui fait parler d’elle

Le débat ouvert par l’Observatoire de la santé du Hainaut sur l’éthique publicitaire et les enfants (lire ci-dessus), raisonne avec celui que suscite la toute récente campagne de sécurité routière pour le port de la ceinture.

La campagne programmée au mois de septembre et d’octobre, sur les routes et à la télévision, affiche en slogans: “Maman, attache ta ceinture ou je le dis à papa” et “Papa, attache ta ceinture ou je le dis à maman”. La campagne s’inscrit dans la ligne de la stratégie suivie par l’Institut belge de sécurité routière (IBSR) depuis plusieurs années, explique-t-on du côté de l’Institut. Une stratégie qui consiste à interpeller les adultes par le biais des enfants. “Par expérience, nous savons que les enfants peuvent avoir une grande influence sur le comportement des adultes”.

Plusieurs réactions publiées dans le quotidien La Libre notamment discutent l’aspect “menace à la délation” du slogan. Ainsi Philippe Béague, psychanalyste et président de l’Association Françoise Dolto, évoque la confusion qu’introduit le message de la campagne. Elle amène les parents à penser que “c’est à l’enfant que les parents ont à rendre des comptes, et que c’est lui qui juge si son parent est en capacité, ou pas, d’être parent”. De plus l’autorité, cet “art de faire respecter les règles nécessaires au vivre ensemble” suppose un soutien mutuel des parents. Et remarque le psychanalyste, “c’est cette complémentarité nécessaire entre pères et mères que cette navrante campagne de sécurité, sans doute à l’insu de ses concepteurs, a eu le mérite, bien malgré elle, de pointer”.

Pour l’IBSR, “l’affiche visible le long des routes est à mettre en relation avec le spot TV dans lequel chaque fois qu’il fait une bêtise, Arthur s’entend dire ‘Arthur, je vais le dire à papa’. (…). Il ne s’agit nullement de délation, mais simplement d’un trait d’humour du petit garçon”.  Et l’Institut de parler de l’influence positive que les enfants peuvent avoir sur les adultes.

Sans doute le trait d’humour n’était-il pas si évident au regard des affiches figées sur la sentence finale. Sans doute le premier but poursuivi, réduire le nombre de victimes de la route, a-t-il voilé d’autres soucis de notre temps à propos du métier de parent.

CD 


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Echos de l'actualité 2007

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