A suivre
(7 janvier 2010)
De bonnes résolutions…vraiment ?
Cela tient pour certains de la tradition ou de
la coutume à pareille époque : prendre de bonnes résolutions se scelle en
début d’année pour les douze mois qui viennent. Serons-nous abandonistes,
commenceurs ou équlibristes?
Si d’aucuns
estiment qu’elles sont inutiles parce qu’intenables, si d’autres imaginent
les prendre quand ils sentent que c’est le moment et pas à la date fixe du
1er janvier, nombre sont ceux qui y vont de leur petite idée en termes de
défi pour l’année nouvelle. Les micro-trottoirs chéris par nos mass médias
en ont regorgé au passage de l’an neuf. Le journal Le Monde récolte
d’ailleurs toujours en ce moment des témoignages en la matière pour
publication. «Vous avez fêté le réveillon comme il se doit. Mais quelles
sont les grandes résolutions que vous avez prises pour l’année qui vient ?»,
interroge le site du journal français.
Sans avoir une
idée précise du résultat que le quotidien pourra recueillir, on sait que,
dans le domaine, un relatif conformisme nous guette. Dans les grandes
lignes, nous aurions tendance à toujours nous fixer sur des objectifs
relativement similaires. Il y aurait des leitmotivs à bonnes résolutions,
des obsessions récurrentes. Ainsi le site du gouvernement américain
(1) dresse une liste de douze bonnes résolutions qui
comptent selon lui parmi les plus populaires. Et de fait, elles ont des
accents de déjà entendu.
> Perdre du poids
> Payer ses
dettes
> Économiser de
l’argent
> Trouver un
meilleur travail
> Se remettre en
forme
> Manger
sainement
> Avoir une
meilleure éducation
> Boire moins
d’alcool
> Arrêter de
fumer
> Réduire son
stress, en particulier au travail
> Faire un voyage
> Se porter
volontaire pour aider les autres
A la liste, le
site ajoute une petite dernière : encourager les bonnes résolutions en
matière de vie saine autour de soi. C’est que le Département américain pour
la santé n’est pas étranger à cette proposition. Envoi d’une « Health-e-Card »
à l’appui, il propose de personnaliser un message de prévention à l’adresse
d’un proche. Une centaine de messages sont proposé, du style : «Be active»
ou encore «Sleep is a necessity. Not a luxury», «Mammograms save lives»… En
postant ces cartes électroniques, le citoyen américain est invité à appuyer
les bonnes résolutions de l’un de ses proches, à l’engager à sur un «chemin
plus sain et plus sûr». Le créneau des bonnes résolutions semble en effet
assez enclin à s’intéresser à la santé, du moins à l’adoption de
comportements jugés sains. Les salles de sports ou autres centres de fitness
bénéficieraient de cette vague de début d’année.
Quelques
bloggeurs fous enquêtant sur les bonnes résolutions de leurs contemporains
se sont lancés dans une classification des «résolutionnaires». Sous forme
d’une typologie complexe, ils distinguent les abandonistes (qui ont
l’intention de mettre fin à certains de leurs comportements comme les achats
compulsifs ou les soirées arrosées), les commenceurs (qui entendent démarrer
de nouveaux projets, lancer un business, apprendre à jouer d’un
instrument…), les optimiseurs (qui cherchent plus de rentabilité, de
l’amélioration), les explorateurs (qui décident de s’atteler à la rencontre
de nouvelles personnes, de découvrir de nouvelles choses…), les rupturistes
(qui comptent changer tout, déménager par exemple…) les équilibristes (qui
comptent être un peu moins…, mais pas trop…), etc. Chacun y trouvera sans
doute son avatar 2010.
Mais, si l’on en
croit le titre de cette conférence-formation proposée à Châtelet en janvier
- « cette année, je réalise mes bonnes résolutions » -, le vrai défi n’est
pas de formuler une résolution, mais bien de s’y tenir. Sur le chemin du
changement, les tentations et les risques d’abandon ne manqueront pas.
Manque de volonté ? Engagement trop hâtif dans un projet insuffisamment
préparé ? Résolution prise pour correspondre aux souhaits des autres, mais à
laquelle on adhère peu soi-même ? Démesure des intentions de changement ?
Adoption du refrain «on commence demain» ?... Les causes peuvent être
nombreuses pour voir s’évanouir dans la nature les bonnes résolutions à
peine formulées.
Quelques
spécialistes ès efficacité des bonnes résolutions vous enjoindront à être
réalistes, à vous assurer que vos résolutions sont compatibles avec votre
rythme de vie ou avec votre emploi du temps, qu’elles sont en phase avec vos
désirs, voire à ne poser votre choix que sur une seule résolution, histoire
de ne pas vous encombrer de trop d’objectifs synonymes de missions
impossibles.
Les conseils vont
aussi à l’entourage ; vous faire aider par un tiers serait gage de réussite.
Peut-être est-ce le pari sur lequel s’appuient les internautes qui se
promettent à eux-mêmes sur leur blog des changements pour l’année nouvelle.
L’engagement dactylographié sur leur clavier dépasse alors leur for
intérieur, et qui plus est, devient traçable une fois l’an terminé.
Peut-être est-ce pour eux une manière de se contraindre à réaliser ces
fameuses bonnes résolutions, qui souffrent tant de la réputation de ne pas
résister aux jours qui passent ?
Un site
américain, Stickk.com l’a bien compris : les bonnes résolutions ne tiennent
souvent pas la route. Il propose d’aider les moins motivés dans leurs
engagements en facturant à chacun les objectifs qui n’ont pas été atteints.
Dommage d’en arriver à un tel marchandage. Réfléchissons peut-être davantage
à la manière dont nous fêterons les objectifs atteints.
// Catherine Daloze
(1)
http://www.usa.gov/Citizen/Topics/New_Years_Resolutions.shtml -
La traduction des bonnes résolutions est ici
approximative.
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